La maison taguée des pentes transformée en résidence de luxe et parking privé ?

C’est une maison bleue adossée à la colline
C’est une maison taguée qu’on assassine

C’est une maison bleue adossée à la colline
C’est une maison taguée qu’on assassine

Bouygues fait de la publicité pour une résidence de luxe sur les pentes de Croix-Rousse, avec 40 places de parking privé. C’est ce qu’ont découvert voici peu, avec stupéfaction, les habitants du quartier de la célèbre traboule des Voraces et de la place Colbert. Leur attention avait été attirée par un permis de construire affiché en bas de la rue Diderot, comme la loi l’oblige. Permis accordé par la mairie centrale de Lyon. Ceci sans aucune concertation avec la population. Ni aucune information. Alors que le site a une grande valeur écologique et culturelle. Et que la mairie aurait pu préempter. Il est à la fois un îlot de verdure sur le flanc abrupt de la colline et le lieu d’une des maisons les plus connues des pentes, au coin des rues Diderot et Pouteau, la maison taguée.

La maison taguée des Pentes, au coin des rues Diderot et Pouteau
« Avant », la maison taguée des Pentes, au coin des rues Diderot et Pouteau

C’est ce que l’on appelle une maison d’architecte. Bouygues aurait fait à ses propriétaires « une offre que l’on ne peut pas refuser ». Il s’agit d’une construction récente, 2009, originale, un cube de béton surmonté à l’étage d’une structure et bardage en bois, que la végétation recouvre progressivement, comme on peut le voir quand on descend de la place Colbert. Et dont la base est entièrement taguée.

Maison taguée de l'angle rue Pouteau et Diderot, côté végétation
« Avant », maison taguée de l’angle rue Pouteau et Diderot, côté végétation

Le projet de Bouygues, avec l’assentiment de la mairie dirigée par Gérard Collomb, pose au moins trois problèmes aux habitants de ce quartier à la topologie et l’architecture singulières. La continuation de la bétonisation à l’heure où il faudrait inverser la tendance, remettre de la verdure dans la ville, pour freiner, voire arrêter, la montée des températures. La continuation de la gentrification du quartier, pour quelques privilégiés et leurs automobiles, et de la montée des prix des logements, on a dépassé les 5000€ le m². Et la continuation de l’aseptisation du bâti, le remplacement de maisons fofolles avec une histoire par du béton lisse.

Affichette apposée sur la maison taguée reprenant un visuel du projet de Bouygues
Après, le projet de résidence de Bouygues repris sur une des nombreuses affichettes apposées sur la maison par les opposants au projet.

Les habitants du quartier commencent à se regrouper pour essayer d’arrêter ce projet. Le classique groupe Facebook a été créé. Il s’appelle « Les pentes contre Bouygues », voici le lien. Une réunion a lieu mardi 25 juin.

Beaucoup d'affichettes sur la maison taguée
Beaucoup d’affichettes sur la maison taguée

Rappelons que le magnifique jardin de la Grande Côte voisin, à 50 mètres, devait lui aussi devenir un ensemble de résidences privées, après que les maisons du lieu aient été détruites dans les années 70 par Zizi béton, surnom donné au maire Louis Pradel, fou de béton et auteur d’une des plus grandes erreurs urbanistiques françaises du 20ième siècle, la gare de Perrache, dans le prolongement du tunnel de Fourvière.

Affiche des années 70 du comité de défense de la Croix-Rousse

Les luttes sur les pentes ont alors été très fortes. Occupations, enchaînements aux bâtiments pour empêcher les démolitions, manifestations pour arrêter les pelles mécaniques, théâtre de rue, mise en scène des conseils municipaux. Cette mobilisation a démontré qu’autre chose que la gentrification était possible, un bel endroit de vie collective, de ressourcement, planté de mûriers rappelant l’histoire de la soie, qui attire des gens de tout Lyon et des touristes, entouré de crêches et de jeux d’enfants nichées dans la verdure. Un jardin qui a valorisé à long terme le quartier pour ses habitants et tous les Lyonnais. Démolir la maison taguée, ne pas utiliser l’espace voisin en espace vert, serait plus encore dévaloriser ce quartier que le dévaliser.

Réunion contre le projet de résidence : mardi 25 juin à 20h15, à la Marmite Colbert, juste à côté, au 7 rue Diderot

La vallée de la gastronomie — La nationale 7 des vins et des plats de Dijon à Marseille par Mâcon, Valence, Avignon et le Grand Hôtel-Dieu à Lyon

En concurrence dans le projet national de Cités internationales de la Gastronomie, impulsé en 2010 par l’état français dans le cadre du patrimoine immatériel de l’humanité de l’Unesco, Lyon et Dijon se retrouvent les chevilles ouvrières d’une belle idée, une « Vallée mondiale de la gastronomie ».

L’adjectif « mondial » est ambitieux, mais les deux conseils régionaux à la manœuvre — Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes — ont de solides arguments à faire valoir. D’autant plus depuis qu’une troisième grande région,  Provence-Alpes-Côtes-d’Azur, s’est associée au projet initié en 2016.

Une vallée mythe d’un temps gastronomique de qualité

Macon Vinzelles
La cave des Grands Crus Blancs de Mâcon-Vinzelles

Le trajet de cette vallée suit la fameuse Nationale 7 chantée par Charles Trenet. C’était au temps où il fallait deux jours pour descendre de Paris à Nice. Parce que l’on s’arrêtait en route pour laisser refroidir les moteurs. Et se sustenter. À Nuits Saint-Georges d’un coq au vin. À Tournus, chez Greuze. À Mâcon de quelque Pouilly-Fuissey ou Saint-Véran. Jusqu’à Lyon, les Brouilly, Saint-Amour, Juliénas. Le tunnel de Fourvière n’existait pas encore, c’était encore le temps des mères lyonnaises, d’Eugénie Brazier, rue Royale, le temps des bouchons. Puis on entrait dans la vallée du Rhône, Condrieu, Valence et Montélimar. Fruits, légumes, vins. Grand soleil. La revoici cette nationale 7, fantasmée dans ce projet de vallée de la gastronomie.

Paul Bocuse par SAFYR, photo du 14 septembre 2018, angle rues Crimée et JB Say
Paul Bocuse par le street-artiste SAFYR, photo du 14 septembre 2018, angle rues Crimée et JB Say à Lyon

« Slow tourism »

Il s’agit bien sûr de marketing territorial de la part des politiques de ces trois nouvelles grandes régions, destiné à retenir le temps d’une halte l’énorme flux d’Européens du nord descendant vers le sud. Allemands, Belges, Hollandais, Scandinaves, Anglais. Pour un repas gastronomique, une nuit, deux ou trois jours. De prendre à nouveau le temps, seul luxe de notre époque avec la déconnexion. Point de temps, foin de qualité. C’est ce qu’offriront les lieux labellisés par cette nouvelle Vallée de la gastronomie. De l’originalité pour les papilles, solide ou liquide. Une nouvelle maison des vins à Mâcon. La cité du chocolat à Tain-L’Hermitage. La maison Pic de Valence. Les vins de Beaune, du Beaujolais, de la vallée du Rhône. Bocuse. Les cités de la gastronomie fraîchement inaugurées de Dijon et de Lyon.

La cité du chocolat Valrhona à Tain l'Hermitage
La cité du chocolat Valrhona à Tain l’Hermitage

En Bourgogne Franche-Comté, une quarantaine de points sont déjà retenus, restaurants, caves, fromageries. On en saura bientôt plus pour les deux autres régions. La cheffe Anne-Sophie Pic est à la tête d’un projet pour Valence. La Cité du Chocolat Valrhona à Tain l’Hermitage s’est engagée comme sponsor de l’opération. C’est que sur les 19 millions nécessaires au projets, il en reste 13 à trouver. Lyon, la métropole du Grand-Lyon et la région Auvergne-Rhône-Alpes en apportant chacune 2.

Inauguration de la Vallée de la gastronomie le 24 juin 2019 au Grand Hôtel-Dieu à Lyon par les trois présidents de région.

Nous vous en disons plus, bientôt.

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Le monde de Steve McCurry, une grande expo d’un grand photographe à la Sucrière à Confluence

Qui n’a jamais vu cette photo emblématique de la guerre en Afghanistan ? Une des photos célèbres du 20ième siècle. Steve Mc Curry l’a prise dans les années 80 dans la camp de réfugiés de Peshawar, au Pakistan. Dans le regard de ces yeux, cette interrogation au monde.

Sharbat Gula, Afghan Girl. Peshawar, Pakistan, 1984. By McCurry – DR
Sharbat Gula, Afghan Girl. Peshawar, Pakistan, 1984. By McCurry – DR

Steve Mc Curry a beaucoup photographié l’Afghanistan. L’expo commence par une série de tirages en noir et blanc des années 79-80. Portraits de moudjahidines en armes au début de ce conflit. Le reste de cette expo offre 200 tirages couleurs de photos prises en Inde, aux USA, en Ethiopie, Chine, Koweit, Sri Lanka, durant 35 ans de carrière. On est subjugué par les regards, l’une des constantes du travail de Mc Curry. Par ses cadrages. Par certaines photos encore plus magiques telle ce cheval devant deux colonnes de pierre au-dessus d’un lac ou ces pêcheurs accrochés sur des perches ou ce piroguier qui pagaie une rame à sa jambe.

Portraits d’enfants, de vieillards, de femmes, d’hommes, portraits de guerre, portraits poétiques, toujours des portraits, avec derrière chacun d’eux une histoire, l’ensemble de ces clichés constituant un portrait de la grande histoire de ces années à cheval sur les deux siècles. Steve Mc Curry est passionné par l’humain et les cultures du monde, c’est ce qu’il nous donne dans cette expo si dense que l’on en ressort saturé de sensations, on ne pourrait en voir plus.

Un conseil, prenez l’audioguide, il est bien fichu même s’il ne couvre pas tout. Steve Mc Curry y raconte l’histoire de la prise de beaucoup de ses clichés.

Un autre conseil, venez tôt si vous choisissez le week-end. Il y a des queues extraordinaires.

Enfin, Lyon sera la seule ville française ou se tiendra cette exposition.

S’il fait beau, profitez en pour une balade avec notre parcours de visite de Confluence.

Queue à l'entrée de la Sucrière le 2ième dimanche de l'expo
Queue à l’entrée de la Sucrière le 2ième dimanche de l’expo

Le monde de Steve McCurry — du mercredi 6 février au dimanche 19 mai

La Sucrière, 49-50 quai Rambaud, Lyon 2ième

Fermée les lundis. De 10h à 18h sauf le week-end de 10h à 19h.

Tarif : 13€ adultes et 8€ pour enfants et étudiants.

Exposition de la donation « Coiffes » d’Antoine de Galbert au Musée des confluences

exposition donation Coiffes Antoine de Galbert au Musée des confluences
Coiffe de jeune homme Turkana (Kenya ou Ouganda) — Crédits : musée des Confluences, don Antoine de Galbert, photographe Etienne Pottier

Hélas, hélas, hélas, La Maison rouge, lieu d’exposition de la fondation Antoine de Galbert a fermé le 28 octobre 2018 sur une merveilleuse et bien nommée expo sur le thème de l’envol. Antoine de Galbert est un galeriste et collectionneur d’art contemporain. Connu pour cette maison rouge qu’il avait créée à deux pas de la gare de Lyon au bord du bassin de l’Arsenal, où il a présenté tant de sublimes vues sur ses extraordinaires collections. Né à Grenoble et surtout héritier du groupe Carrefour, il a su utiliser avec grâce sa fortune pour notre grand bonheur. En 2017, il a fait donation de sa collection d’une cinq centaine de coiffes, venue du monde entier, extraordinaires de beauté et d’étrangeté, qu’il collectionnait depuis plus de 25 ans, au musée des confluences. Coiffes de rois, de reines, de prêtres, de guerriers, de marié.es, de danseurs.

Du 6 juin 2019 au 3 mai 2020, le musée des confluences présentera cette collection de coiffes d’Antoine de Galbert. Une exposition que l’on vous conseille d’ores et déjà si vous passez par Lyon à cette époque.

Voir notre parcours de visite du quartier Confluence

et notre visite guidée de Confluence

exposition donation Coiffes Antoine de Galbert au Musée des confluences
Coiffe d’initiation (Iles Banks – Vanuatu) — Crédits : musée des Confluences, don Antoine de Galbert, photographe Etienne Pottier

Street-art pop’ulaire, ouverture de Offside gallery du collectif Birdy Kids au Grand Stade

Birdy Kids a été dès 2010 un symbole pop culture avec ses oisillons smileys et joufflus aux couleurs acides sur les murs des échangeurs et le long des autoroutes autour de Lyon. Un art de rue ludique que les deux « GM » créateurs de ce collectif, Guillaume et Gautier Mathieu, ont installé au contact de madame et monsieur tout le monde, en dehors des quartiers gentrifiés de l’hypercentre.

Birdy Kids, à l’école Poyat, source Wikipédia — By Coline42 [CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], from Wikimedia Commons
Les deux frères continuent aujourd’hui dans cette démarche avec l’ouverture d’une galerie dévolue au street-art dans un lieu extrêmement populaire, le Grand Stade de l’Olympique Lyonnais, à Décines.

Clin d’oeil au foot, elle s’appelle Offside Gallery.

Son inauguration a lieu ce 6 octobre.

Cette ouverture suit deux autres initiatives qui ont rencontré le succès public : l’ouverture de la galerie street-art SITIO de l’association Superposition près de Perrache et l’exposition ZOO cet été dans le 6ième.

Les artistes exposés à l’Offside Gallery sont : JEF AEROSOL / BIRDY KIDS / DOURONE / GREMS / GRAFFMATT / DAN23 / AGRUME / MANTRA / ZEST / MIOSHE / MLLE TERITE / MONSTA / SHAKA / VEKS VAN HILLIK / VERA / MAXIME IVANEZ

Offside Gallery : https://www.offsidegallery.com

Grand Stade, Décines — Entrée gratuite, parvis porte F

L’affiche de l’inauguration de Offside Gallery le 6 octobre au Grand Stade de Lyon

 

 

Festival Lumière 2019

Le monstre Francis Ford Coppola est prix Lumière 2019. Découvrez le pré programme du festival Lumière 2019 du 12 au 20 octobre.

Le 11ième Festival Lumière 2019 a lieu

du 12 au 20 octobre 2019

Prix Lumière 2019 : Francis Ford Coppola

Francis Ford Coppola, prix Lumière 2019 — Crédits : Sofia Coppola

Le Parrain (1972) du cinéma de ces 50 dernières années, d’Apocalypse Now (1978), 2 Palmes d’Or pour ce film et Conversation secrète, 5 Oscars est le Prix Lumière 2019. Monstre sacré, scénariste, réalisateur, producteur, vigneron, il vient poser sa patte démiurgique sur un palmarès qui rassemble entre autres créatifs du 7ième art, Scorsese, Wong Kar-wai, Tarantino, Forman, Loach.

Programme 2019

Nous en sommes pour l’instant au pré programme.

  • 2 rétrospectives sur les années Warner et André Cayatte.
  • La trilogie Le Parrain sera projetée Halle Tony Garnier.
  • Un ciné concert de courts métrages de Chaplin dans la même halle, dont le fameux L’émigrant
  • La sortie en ciné concert de la copié restaurée de La roue d’Abel Gance.
  • La nouvelle sortie de la la trilogie Zombies en hommage à Georges Romero.
  • Des projections d’immenses classique, dont une copie restaurée de La grande évasion de John Sturges.
  • Des masters classes à la Comédie Odéon et la Villa Lumière.
  • Des expositions photos.
  • Quelques invités sont déjà connus, Bong Joon-Ho, Daniel Auteuil, Marina Vlady.

Programme complet, fin août.

Prix Lumière 2018 : Jane Fonda

Palmarès du Prix Lumière

Le relativement jeune Festival Lumière créé en 2009 par l’Institut Lumière a tout de suite acquis une reconnaissance importante grâce entre autres au prix Lumière décerné à une personnalité internationale du cinéma et à sa programmation autour du cinéma classique.

Clint Eastwood (2009), Milos Forman (2010), Gérard Depardieu (2011), Ken Loach (2012), Quentin Tarantino (2013), Pedro Almodóvar (2014), Martin Scorsese (2015), Catherine Deneuve (2016), Wong Kar-wai (2017), Jane Fonda (2018), Francis Ford Coppola (2019).

Programmation cinéma classique

Le festival se consacre à des œuvres anciennes à travers des rétrospectives et de grandes projections. Il a une fréquentation populaire exceptionnelle grâce à des projections durant toute sa tenue dans de très grandes salles de l’agglomération lyonnaise : la Halle Tony Garnier, l’amphithéâtre du centre de congrès à la Cité Internationale (Remise du Prix Lumière), l’Auditorium de Lyon avec des cinés concerts par l’Orchestre National de Lyon, le Théâtre des Célestins avec des master classes et bien sûr à l’Institut Lumière.

Programmation à venir (fin août).

Le Marché du Film Classique (MFC)

Pendant le festival se tient depuis 2013 et durant 3 ou 4 jours un marché du film classique unique en son genre. Réseautage entre professionnels, conférences, rencontres sur des sujets économiques, techniques ou juridiques du domaine. S’y croisent les pros du cinéma patrimonial et ils sont nombreux, des réalisateurs aux producteurs, éditeurs, diffuseurs, laboratoires aux institutionnels et détenteurs de droits.

Cette année, il rendra hommage à Criterion.

La brocante Cinéma-Photographie Lumière

Attirant beaucoup de collectionneurs et exposants français et des pays limitrophes, cette brocante ne fait pas partie officiellement du festival mais en est une manifestation périphérique passionnante avec des appareils argentiques, caméras, projecteurs, du matériel très varié (l’inventivité était foisonnante), des affiches, des films. Une autre brocante existe au même endroit au printemps. Toutes deux même si l’on est pas collectionneur donnent l’occasion de revisiter les débuts de la photographie et du cinéma.

Dates brocante Lumière automne 2019 :
dates à venir (fin août)

rue du Premier film – Lyon 8ième

L’Institut Lumière

L’Institut Lumière a été installé à Lyon sur le lieu même de l’invention en 1895 et du développement du « Cinématographe » par les frères Auguste et Louis Lumière. Le « hangar du premier film »  été restauré à côté de la (magnifique et vaste) salle de projection de l’Institut Lumière, c’est ici qu’a été tourné le premier film projeté de l’histoire du cinéma, La sortie de l’usine Lumière à Lyon. Car les frères Lumière n’ont pas été les premiers à enregistrer un film mais par contre ils ont été les premier à projeter des films devant un public, donnant naissance au cinéma que nous connaissons aujourd’hui.

L’institut Lumière L’Institut regroupe deux salles de cinéma, un musée (passionnant), un centre de doc et depuis peu une galerie photo située rue de l’Arbre Sec près de la place des Terreaux.

Bon cinéma.

Le prix de la chasse

Une œuvre street-art apparue au lendemain de la démission de Nicolas Hulot… et disparue aussi vite. Symbole de la schizophrénie de notre communauté ?

article mis à jour

Le prix de la chasse - Street-artiste inconnu - Lyon, rue Mermet, 31 août 2018

Entre la réunion chasse à l’Élysée lundi 27 après-midi, la dém’ de Hulot mardi matin en direct sur France Inter et ce vendredi soir 31 août, l’œuvre photographiée ci-dessus aura tenu au maximum deux trois jours.

Le prix de la chasse - Street-artiste inconnu - Lyon, rue Mermet, 31 août 2018

Éphémère durée symbole de la tectonique schizophrénique à l’œuvre dans notre communauté, tant au gouvernement que dans ces deux voitures stationnées, place Bellecour à Lyon, ironiquement devant la statue de Saint–Ex et une station Vélo’v, ce mercredi après-midi, deux hommes à leurs smartphones dans leurs habitacles, moteur tournant pour alimenter leurs clims.

Le prix de la chasse - Street-artiste inconnu - Lyon, rue Mermet, 31 août 2018Œuvre non signée

Cette œuvre à base de cartouches de ball-trap ce vendredi soir disparue comme le sincère ministre de la transition écologique. Vous avez remarqué­ ? Elles sont tournées vers le bas, comme le pouce de César, aux arènes.

Localisation : haut du passage Mermet, Lyon 1er

Photographies : Gilles Bertin, 31 août 2018

 

Quand Frédéric Dard, dit San Antonio, créchait à Croix-Rousse

Frédéric Dard fut un auteur immensément populaire. L’inventeur de San Antonio, fringuant commissaire et série éponyme de polars qui fut le plus grand succès populaire d’après-guerre, jusque dans les années 80. Son adjoint, Bérurier, était d’une truculence revigorante. Lequel donna son nom au groupe de punk rock Bérurier noir. Frédéric Dard racontait avoir choisi le nom de San Antonio en pointant son doigt au hasard sur la carte des États-Unis.

Or donc, Frédéric Dard, né à Saint-Chef en Isère, à côté, a passé sa jeunesse à Lyon, pratiquant comme Georges Simenon le journalisme pour apprendre son futur métier d’écrivain.

Pour lui rendre hommage, Lyon a donné son nom à un square fort joliment situé près du Gros Caillou, d’une école primaire et d’un point de vue stupéfiant sur l’est de Lyon, jusqu’aux Alpes, face aux façades ocres des rues égaillées de la Croix-Rousse.

Plaque du square Frédéric Dard pendant la fête foraine de la Vogue des marrons
Plaque du square Frédéric Dard pendant la fête foraine de la Vogue des marrons

Vous pouvez découvrir ce square en suivant notre parcours de visite des traboules de la Croix-Rousse.

Il a vécu à la Croix-Rousse de 23 à 28 ans, au 4 rue Calas.

Alain nous a écrit sur Facebook suite à ce billet :

Il a pu me voir dans mon landau, caisse à petites roues qui charriait les gones des pauvres! Dans la rue Calas se trouvait l’entrée d’un « clos » (9 peut-être),ensemble de jeux de boules à la lyonnaise et de buvettes.

Plaque au-dessus du 4, rue Calas, où vécut quelques années Frédéric Dard
Plaque au-dessus du 4, rue Calas, où vécut quelques années Frédéric Dard

En bon vivant, Frédéric Dard figure dans le mur peint des Lyonnais célèbres, dans le restaurant « Au pot Lyonnais » où officie Paul Bocuse, présenté sur le seuil de la porte. Frédéric Dard est attablé à l’intérieur, derrière la vitrine, levant un verre de beaujolais en direction des passants.

Visite guidée de Croix-Rousse avec nos guides conférenciers

Visite guidée street-art murs peints à Lyon avec nos guides conférenciers

 

Ememem mine des bitcoins de rue jusqu’à la pointe des fleuves

Ememem la joue avec des carreaux façon mosaïque, carrément carrelage, comme il y a deux mille ans, ici même, à Lugudunum et surtout à Vienne, quand la mosaïque était un art. La beauté de son travail questionne le paysage citadin.

Article mis à jour en novembre 2018,  avril et mai 2019 avec de nouvelles photos d’œuvres

Mozilla mosaïque, carrément carrelage, Ememem mine des bitcoins de rue. On avait entendu parler de lui, on avait croisé quelques unes de ses mosaïques de carreaux, incrustées entre bitume, grès et ciment, on avait apprécié, sans aller plus loin, sans aller au bout de sa piste carrelée d’éclats brisés. Mais une après-midi, disposant de deux heures et errant rue des Capucins, on est entré au 7, dans un passage qui nous attirait, qui n’est pas un passage mais une impasse, juste après Le complexe du rire. Puis nous n’avons cessé de le croiser dans Lyon, jusqu’à la pointe de Confluence, où Rhône et Saône se mêlent.

Les mosaïques street-art de Ememem jusqu’à la pointe de Confluence

Ememem a eu l’idée géniale de taguer l’un des lieux les plus symboliques de Lyon, au confluent, Là où les eaux se mêlent, pour reprendre le titre d’un poème et d’un recueil de Raymond Carver, Where water comes together with other water. Et de le faire à la toute pointe, en aval du déconstructivo-cyclopéen musée des Confluences, chargé de présenter histoire naturelle, de l’homme et des civilisations.

Des rails plongent dans l’eau à la pointe du confluent, comme si l’ancienne voie PLM s’était enfoncée là et continuait sous l’eau jusqu’à la Méditerranée. Des branchages mêlés apportés par les eaux commencent à recouvrir le pavage de cœurs d’Ememen, que des archéologues retrouveront dans quelques siècles, comme une couche de plus de cette ville entre deux eaux.

Mosaïque du street-artiste Ememem à Confluence, confluent du Rhône et de la Saône
Mosaïque du street-artiste Ememem à la pointe de Confluence, là où se mêlent Rhône et Saône, photo 10 mai 2019

Ememem, rue des Capucins, pentes de Croix-Rousse

7 rue des Capucins, Lyon
7 rue des Capucins, Lyon

Je vous en prie, allez-y, allez au 7 rue des Capucins, nom d’un ancien ordre religieux, les pentes de la colline qui travaille étaient couvertes de jardins, de vignes et de monastères au 18ième. Entrez au 7. Au fond. Ce n’est rien mais c’est beaucoup. Comme une veine aurifère. Un filon de tungstène. Un sentier vers des âmes joyeuses. Un fléchage vers un monde de gnômes et de lutins. Une électrocution sous vos semelles. Ememem !

Ememem
Ememem, 7 rue des Capucins, 6 juillet 2018
Ememem
Ememem, 7 rue des Capucins, 6 juillet 2018
Ememem, 7 rue des Capucins, 6 juillet 2018
Ememem, 7 rue des Capucins, 6 juillet 2018
Ememem, 7 rue des Capucins, 6 juillet 2018

Ememem

Il y a des carreaux « miroir » où se reflètent la mosaïque d’en face.

Ememem

Attaque au sol, attaque des murs, des pavés, avec les mêmes armes bitumées, mais colorées. Ememem, nom d’artiste, « Aime aime » aurait écrit l’écrivain catho Gilbert Cesbron qui voyait l’amour partout, comme Yves Duteil et Francis Cabrel. Mais Ememem la joue question au paysage citadin normé, ceci sans un mot moralisateur, avec des carreaux façon mosaïque, carrément carrelage, comme il y a deux mille ans, ici même, à Lugudunum et surtout à Vienne, quand la mosaïque était un art, bien avant Mozilla.

Entrez au 7 rue des Capucins, c’est de l’art de rue mineur, du discret, du Pierre Michon, du Raymond Carver, qui dessinent des traits de foudre dans les ciments. C’est l’art. C’est beau dans le sol carapaçonné que ça déchire. C’est Ememem.

Les mosaïques de Ememem, boulevard des Canuts

Photos de septembre 2018

Ememem, « flacking » boulevard des Canuts, après Monoprix, photo GB du 28 septembre 2018
La géographie découle toujours du territoire, on en a encore la preuve ici, le flacking a la géographie du bitume — Ememem, photo GB du 28 septembre 2018
Ememem, "flacking" boulevard des Canuts, après Monoprix, photo GB du 28 septembre 2018
Matériaux étonnants pour ce flacking, différents des mosaïques précédents, Ememem, photo GB du 28 septembre 2018

D’autres mosaïques street-art d’Ememem

Nous en découvrons sans arrêt, voici des photos d’avril 2019.

Ememem, "flacking" dans le virage sous la place Colbert, au début des escaliers vers la montée Saint Sébastien
Ememem, « flacking » dans le virage sous la place Colbert, au début des escaliers vers la montée Saint Sébastien
Ememem, "flacking" place Colbert, vers les escaliers au nord-est de la place
Ememem, « flacking » place Colbert, vers les escaliers au nord-est de la place
Ememem, "flacking" place Bellevue vers le fort
Ememem, « flacking » place Bellevue vers le fort
Ememem, "flacking" au croisement des rues d'Algérie et Lanterne
Ememem, « flacking » à même la chaussée au croisement des rues d’Algérie et Lanterne

 

Exposition Léonard de Vinci à la Sucrière à Lyon de septembre 2018 à janvier 2019

À genoux à La Sucrière à Lyon, des 13 septembre à janvier, devant l’ultimissime génie de l’humanité occidentale, devant le maître de la Joconde, le peintre de la Cène, l’inventeur de l’hélicoptère, du sous-marin, le dessinateur de l’homme de Vitruve (ci-dessous), végétarien bien avant l’heure :

Homme, si vous êtes vraiment […] le roi des animaux […] pourquoi prenez-vous vos sujets et enfants pour satisfaire votre palais, pour des raisons qui vous transforment en une tombe pour tous les animaux ?

devant Léonard de Vinci et surtout devant moult morceaux de la partie de son œuvre consacrée à ses inventions scientifiques, notamment une centaine de croquis, des représentations 3D et des maquettes tirées des susdits ainsi que deux centaines d’objets et des manuscrits de la main du génie du 16ième siècle, qui a terminé sa vie dans le Val de Loire, protégé par un des plus beaux rois que la France ait connu, François 1er, amoureux du Vieux Lyon qui à l’époque était plutôt le nouveau Lyon, Léonard dont l’ingénieur milliardaire Bill Gates a acheté à prix d’or quelques productions, fasciné à juste titre.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/2/22/Da_Vinci_Vitruve_Luc_Viatour.jpg/565px-Da_Vinci_Vitruve_Luc_Viatour.jpg

L’homme de Vitruve, Léonard de Vinci

Cette exposition est idéale pour les week-ends d’automne et d’hiver, couplée à une balade pédestre sur les berges de la Saône, alors que les feuilles mortes se reflètent dans les eaux du fleuve, en accord avec l’ineffable et mystérieuse poésie que dégagent les œuvres peintes de Léonard, hélas non montrées dans cette exposition « Da Vinci, les inventions d’un génie ».

L’occasion aussi de mettre un pied dans la La Sucrière, ancien bâtiment industriel du nouveau quartier Confluence, qui a gardé les magnifiques vis qui permettaient de glisser les sacs de sucre entre les étages, mélanges d’escaliers à vis et de toboggans. Sucrière qui accueille une année sur deux la Biennale d’art contemporain, la prochaine sera en 2019, en cette année 2018, sera à l’honneur dans les rues de Lyon et dans ses salles chorégraphiques la Biennale de la Danse.

Si vous ratiez cette exposition itinérante Léonard de Vinci à Lyon, vous pourrez ensuite vous rattraper à Barcelone. Ne vous méprenez pas sur le ton un peu moqueur de ce billet, nous sommes ému par avance de contempler les travaux du maître. Un seul regret, le prix d’entrée un tantinet élevé.


Exposition «Da Vinci, les inventions d’un génie»

Dates : du 13 septembre 2018 au 13 janvier 2019.

Tarifs : 8€ pour enfants, étudiants et groupes à partir de 10, 35€ pour les familles, 13€ en adulte individuel.

Lieu : La Sucrière, 49 quai Rambaud, Lyon 2ième