Le street-art à emporter de Jalb38

Jalb38 scotche des grafs détachables sur les murs des pentes de Croix-Rousse. Autrement dit, toi le passant tu peux repartir dans ton F5 ou ton studio avec l’une de ses œuvres. Sa démarche court-circuite le circuit habituel de l’Art davantage encore que le street-art himself.

Jalb38 scotche des grafs détachables sur les murs des pentes de Croix-Rousse. Autrement dit, toi le passant tu peux repartir dans ton F5 ou ton studio avec l’une de ses œuvres. Jalb est un street-artiste atypique, un rural qui pratique plutôt un « Campagn’art ». Sa démarche court-circuite le circuit habituel de l’ « Art » davantage encore que le street-art himself.

Son baptême street-art, Jérôme Albertin, artiste, prof et frais quinqua, l’a reçu banette à la main, sortant de sa boulangerie, le 15 août 2018. Sur le mur d’en face, lunettes sur la tête, un portrait au pochoir de Walter White, le méchant de Breaking Bad. Le choc, le bouleversement lui tombent dessus. En trois secondes, il saute du cheval de trait du dessin classique sur le bronco du street. « Voilà quelqu’un qui se fait pas chier, se dit-il sobrement alors à propos de l’auteur du pochoir. Plutôt que d’attendre la possibilité hypothétique d’exposer, il le fait. » La frustration du long temps entre les expos, Jérôme Albertin connaît bien, surtout dans sa campagne avec une seule galerie où il doit tout de même espacer ses apparitions.

Portrait au pochoir der Jalb38

Bob Marley, le premier portrait au pochoir de Jalb en 2018 écoulé à plusieurs dizaines d’exemplaires autour de Crémieu.

Jalb a repris son Bob Marley à de nombreuses occasions, y compris à l’acrylique.

Il rentre comme un fou chez lui avec l’irrépressible désir de faire pareil. Ce sera le portrait de Bob Marley. Il taille son premier pochoir. Il a fait refaire son carrelage voici peu et il a plein de morceaux de cartons 40 par 40 idéaux pour mener ses essais et valider sa première créa. Mais le prof et le quinqua au moment d’aller bomber in the street, auf der Straße, on the wall, dans la rue, se rebellent contre l’artiste.

« J’ai 52 ans passés, je me retrouve con. Et puis, ce n’est pas mon truc de dégrader. »

C’est là qu’intervient son épouse, étonnée depuis son retour de la boulangerie de le voir dans cette folie soudaine et inhabituelle, qui lui suggère d’exposer ses cartons d’essais.

Deuxième bouleversement pour Jalb !

Jusque là, il faisait du portrait au pastel gras ou sec, au crayon de couleur, et, quand il avait assez d’œuvres il faisait une expo, où, en échange d’un don à une association malgache dont il fixait le montant à ses œuvres, il donnait ses œuvres. Et voici que cette technique du carton apposé au scotch épargne dans les endroits les plus passagers de Crémieux et des environs lui permet de tout court-circuiter entre lui et ses spectateurs. C’est le scotch qui fait la différence parce qu’il se décolle « Il y a interaction : 1/ quelqu’un passe et voit mon œuvre 2/si ca l’intéresse beaucoup, il l’arrache et 3/ il peut la réutiliser chez lui… certains la recollent ailleurs, je l’ai déjà vu.» 60 cartons de Bob Marley partent aussitôt, du jamais vu pour Jalb qui n’avait jamais envisagé possible de toucher autant de monde avec son travail. « Avec le pochoir, t’as qu’à te servir, j’ai l’avantage de la reproductibilité. »

Détournement publicitaire de Jalb38. Les scotchs de fixation sont nettement visibles sur cette photo. Le support est du simple papier peint.

Sa démarche est pratiquée aussi par l’artiste parisien Alex Tréma. Dans les villes où il passe, il a commencé à New-York, il dépose 24 pièces de l’une de ses œuvres enfermées dans une pochette calque où il écrit « Take me » qu’il scotche dans les rues et les lieux publics. Seule « obligation » pour les passants qui les récupère, envoyer une photo, un poème, autre chose à Alex Tréma sur l’œuvre mise en scène dans son nouveau contexte. Comme le dit Charlélie Couture qui a offert un de ses dessins à Alex Tréma pour l’un de ses « Take me » :

L’idée étant de rompre le schéma de consommation de l’ART, comme une denrée abstraite, mais plutôt de considérer celui-ci comme un moyen de créer un lien entre les êtres.

Charlélie Couture

Hommage à Simone Veil sur l’abri bus du lotissement du château à Villemoirieu, près de chez Jalb : « Une femme déportée qui a servi son pays, l’Europe et le droit des femmes françaises ! Merci, c’est bien le minimum que l’on puisse lui dire même post mortem. »

La vie artistique de Jalb bascule. Sa vie dans le 3-8 aussi avec les autorités iséroises. Les gendarmes venus acheter leur pain dans la même boulangerie le pincent alors qu’il scotche en face. Un vrai paradoxe dans cette ville zone historique, donc sans pub. Il se contraint à ne plus utiliser que les panneaux libres. Il négocie avec les maires de Crémieux et de son village pour utiliser d’autres espaces libres. Comme les abris-bus.

Les politiques flippent quand il peint Simone Weil en réaction aux tags antisémites sur les portraits de celle-ci à Paris, par le street-artiste C215. En fait, ils ont peur des dégradations. « Au début du vingtième siècle, les murs étaient un mode d’expression majeur. D’ailleurs, l’État utilisait les murs pour sa propagande, entre autre anti-juif. Ça a disparu après la deuxième guerre, quand on a voulu faire du lisse. Mais c’est revenu, on n’a pas pu le contenir, c’est un juste rappel des origines. »

Jalb, rouleau de scotch épargne à la main, à l’un des principaux lieux d’affichage des pentes, au croisement rue Burdeau et montée de la Grande-Côte : « J’affiche en plein jour. Je dis aux gens qu’ils peuvent se servir. Je discute avec eux. »

Jalb franchit le boulevard Laurent Bonnevay quelques mois plus tard pour se lancezr à l’assaut des pentes de Croix-Rousse, l’eldorado rhônalpin du street-art. Il se sent timide alors, complexé face aux signatures lyonnaises prestigieuses. Mais il font connaissance. Sa démarche détonne. Lui affiche à vue, en plein jour, discute avec les passants.

Mais, relativise Jalb, « Je suis un artiste de pacotille. J’ai une situation confortable, je fais de l’élaboré. » Il veut disant cela parler de sa démarche d’artiste réalisant l’essentiel de son travail en atelier. Il lui est arrivé de créer une Frida Kahlo façon Vermeer, avec 15 couleurs, une gageure par rapport aux pochoiristes qui bombent dans la rue.

Frida Kahlo en jeune fille à la perle par Jalb 38

15 couleurs différentes pur ce Frida Kahlo en jeune fille à la perle, un pochoir sophistiqué de Jalb38.

Puis il découvre Instagram en 2019. Ce qui lui permet de découvrir ses œuvres accrochées chez les gens, qui lui en envoient des photos dans leur appartement.

Depuis le 15 août 2018, son circuit artistique s’est considérablement raccourci, comme un maraîcher rejoignant une AMAP, du producteur au consommateur, du champ à la cuisine. Il n’était pas du tout préparé à ça, il n’a aucune formation artistique. Initialement, il a appris le dessin technique industriel au Rötring, à l’encre du Chine et à la mine 5H, ce qui lui a appris la rigueur. Il a fait de l’art en marge de sa carrière de prof, du dessin et des expos, jusqu’à tourner en rond, jusqu’à cette Assomption du 15 août, quand les portes automatiques de sa boulangerie se sont ouvertes sur un nouveau monde. Et c’est un avantage artistique, il débarque novice dans ce milieu à forte culture. Sa toute première influence lyonnaise sera le pochoiriste @by_dav_ l’auteur des gélules de Prozac moulées en plâtre sur les murs sous-titrées du slogan ironique « Are you ready to be happy ». La démarche de Jalb est-elle aussi marquée par la politique, « citoyenne », revendique-t-il, « C’est un exutoire, c’est ce qui me motive le plus. »

Jalb38

Jalb détourne des pubs, comme ce Just Eat qui l’a scandalisé. Surtout, son goût ancien du portrait se manifeste pleinement dans les figures écologistes et humanistes qu’il appose, juxtapose, transpose en planches épurées, en galeries mondialistes, en manifestes.

Gretha Thunberg par Jalb38

Sa simplicité apparente frappe souvent à l’essence et c’est elle qu’on emporte avec l’une de ses affiches pour la recoller chez soi, comme ce pur Gretha Thunberg ou ce Mandela dont chaque ride est un sillon, un fleuve, un rire, ou encore cette pochette de Number of the beast d’Iron Maiden.

Évocation par Jalb38 de selon ses mots « l’une des meilleures pochette de 33t des années 80 : Number of the beast de Iron Maiden illustré par Derek Riggs« 

Dix-huit mois après sa conversion, Jalb est un artiste heureux. Et pas que. « J’ai complètement changé de vie. Pas seulement artistiquement. En terme d’élan. J’ai tout un territoire à explorer. » Il travaillait lorsque je l’ai interviewé sur un pochoir à partir d’un extrait d’une photo d’ours du célèbre photographe animalier Paul Nicklen, que depuis il a fini pour le bonheur de ceux qui l’emporteront chez eux.

Gilles Bertin

Jalb38, pochoir à partir d’un extrait d’une photo de Paul Nicklen, pochoir qui est un aussi un hommage au street-artiste C215, engagé et doué pour représenter les bêtes à poils.


Photos : Toutes les photos de cette page sont de Jalb38, avec son autorisation, y compris la photo en haut de page de l’une de ses œuvres de mise en abyme.

Festival Têtes de Bois 2020, marionnettes et jeune public à Villeurbanne pour les guignol.es en herbe

Magie des marionnettes, de l’animation, du théâtre et du conte. Un festival pour les petits, voire les tout-petits, à partir de 3 ans ! Un festival qui en est à sa 23ème édition ! Espace Tonkin à Villeurbanne. Du 22 janvier au 15 février.

Magie des marionnettes, de l’animation, du théâtre et du conte. Un festival pour les petits, voire les tout-petits, à partir de 2 ans ! Un festival qui en est à sa 23ème édition ! Un festival sans écrans. Espace Tonkin à Villeurbanne. Du 22 janvier au 15 février.

Teaser du festival Têtes de bois 2020

Les spectacles sont inspirés par Le Petit Prince, par Prévert, par un grand-père à barbe, par Chagall. Les compagnies s’appellent « Drolatic », « La boîte à trucs », « Haut les mains », « Mercimonchou », « Docteur Troll »… tout un programme, déjà.

Un balcon entre ciel et terre — Compagnie Mercimonchou
Un balcon entre ciel et terre — Compagnie Mercimonchou

Véronique Desroches qui en est la créatrice (et qui s’en va cette année) expliquait en 2013 dans une interview à notre confrère Grains de sel :

Les marion­nettes sont des projec­tions de nous-mêmes qui nous entraînent très loin. Elles sont des média­teurs qui peuvent tout se permettre, au-delà des conven­tions. Elles sont aussi capables de toutes les méta­mor­phoses et nour­rissent notre imagi­naire.

Grains de Sel, mensuel lyonnais des familles, en 2013

C’est que, s’il s’agit de spectacles pour les petits, ils abordent des grands sujets de la vie. Quelles sont nos origines à chacun ? Comment vivre avec les autres ? Le besoin de l’eau pour la vie. Le besoin de rêver pour grandir. Le besoin d’avoir des saltimbanques, des créateurs et des animateurs de marionnettes, comme il y eut à Lyon, Laurent Mourguet, l’inventeur de Guignol, raconté par l’écrivain Paul Fournel dans son dernier livre, Faire Guignol.

Rendez-vous avec les marionnettes, Espace Tonkin, à Villeurbanne, pour rêver et grandir ensemble.


Espace Tonkin, avenue Salvador Allende, 69100 Villeurbanne — 04 78 93 11 38
Du 22 Janvier au 15 février 2020
Tarif : 7€

Programme en ligne : la page du festival

Image du haut : compagnie Drolatic industry

L’imposte rococo du 3 rue Sainte Marie des Terreaux

Un lecteur de Lyon Visite nous a contacté avec cette question :

J’ai une question historique et je ne sais pas à qui la poser…
J’ai observé un magnifique imposte / un dessus de porte en fer forgé au 3 rue Sainte Marie des Terreaux dans le 1er, à quoi correspondait ces dessins : nom de société ou encore propriétaire ? Sait-on les dater ?
Sauriez-vous m’indiquer quelqu’un qui pourrait me répondre ce ces points ?

Merci d’avance, cette question m’obsède depuis trop longtemps !

Richard
Au 3, rue Sainte-Marie-des-Terreaux, tout en bas des Pentes, à leur démarrage derrière la place des Terreaux, aux premiers escaliers. Photo M. Berthelon CC BY-NC-ND 2.0

À vrai dire, nous avions déjà remarqué cette imposte, sans aller plus loin. Cette rue et la rue Sainte Catherine voisine recèlent tellement de choses, par exemple cette plaque hommage aux 86 juifs raflés le 9 février 1943 par la Gestapo, 80 ont été déportés, dont 3 seulement sont revenus.

Cette imposte du 3 rue Sainte Marie des Terreaux est effectivement remarquable, quelque chose d’Art nouveau et en même temps d’ésotérique.
Le guichet des savoirs de la Bibliothèque municipale de Lyon souvent très documenté sur des sujets pointus n’avait rien à nous proposer sur l’histoire de cette imposte. Nous avons posé la question sur Instagram et Facebook.

C’est le guide Artnfact qui nous a apporté sur Instagram un bon début de réponse, au moins des éléments de contexte de l’époque. Selon lui :

Au regard des autres impostes à monogramme de style rocaille du quartier, cette imposte doit dater de la 1ère moitié du XVIIIe siècle. 

Ici, on aperçoit deux C et un R entrelacés. Les initiales sur les impostes sont celles du maître d’ouvrage (commanditaire) de l’immeuble.

Artnfact, Instagram

Le style rocaille est mieux connu sous le nom Rococo. Le fond Pointet aux Archives Municipales de Lyon pourrait selon Artnfact donner le propriétaire de l’époque. CR ? ou CCR ? L’imposte voisine est toujours selon lui mieux connue :

L’imposte au 5 rue Sainte-Marie-des-Terreaux est dans le même style rocaille et est due à son ancien propriétaire Charles Vial, maître serrurier et propriétaire de l’immeuble de 1739 à 1758.

Concluons donc sur un nouvel appel à qui saurait. Mais l’important est d’avoir attiré notre attention et la vôtre sur ces impostes rococo. Merci à Richard et à Artnfact. Levons la tête, fièrement, vers les hauts des portes. Portes d’ailleurs qui dans ce quartier du bas des pentes sont souvent remarquables, emblèmes de richesse de leurs copropriétaires d’alors.

Visite guidée d’Autun, de sa cathédrale, des monuments gallo-romains

Visitez Autun, sa cathédrale romane et son tympan réputé mondialement. Découvrez le très riche patrimoine gallo-romain d’Augustodunum,soeur et émule de Rome.

Vous souhaitez visiter Autun, sa cathédrale, ses monuments gallo-romains ?

Jean-Paul, guide-conférencier et passionné d’Autun et d’histoire, vous guidera. Inscrivez-vous ci-dessous pour obtenir plus d’informations sur sa visite. Il vous contactera.

  • Nous l'utilisons pour préparer la visite avec vous ou pour les rendez-vous de départ de visite.

Votre guide

Jean-Paul devant l’original du chapiteau de la cathédrale La fuite en Égypte sculpté par Gislebertus au 12ième siècle.

Jean-Paul est guide conférencier agréé par le Ministère de la Culture. Passionné d’art, d’histoire, d’architecture et de technique, de formation scientifique, il vous propose une approche à la fois analytique et basée sur ses connaissances autour de la pensée, la spiritualité, l’histoire des arts, qui ont tous leur importance dans cette ville de plus de 2000 ans d’histoire, siège d’un évêché et d’une cathédrale romane importante. Sous ces différents angle d’analyse, il vous permettra de découvrir Autun et son patrimoine autrement, que vous soyez néophite ou très averti.

Votre visite

Vous pourrez la composer avec Jean-Paul selon ces thématiques :

  • Monuments gallo-romains
  • Cathédrale
  • La ville du Moyen-Age à maintenant.

Durée : 2 heures

Point de départ : à décider en commun

900 ans d’histoire et hasard des Lazare : anniversaire de la cathédrale d’Autun

900 ans d’histoire. Qui peut en dire Autun ?… pardon, autant ! Ce 25 décembre 2019, cette cathédrale, complètement restaurée, l’une des plus belles de France, littéral joyau roman, avec son statuaire unique, réalisé par Gislebertus, fête ses 9 siècles. À découvrir entre Paris et Lyon.

À la Noël 1119, le pape Calixte II est de passage à Autun. Louis VI, surnommé Louis le Gros, est roi de France. Henri V, roi de Germanie et d’Italie, dirige le  Saint-Empire Romain, dont la frontière passe alors vers Dôle, à une centaine de kilomètres. 7 papes se sont succédés en 20 ans à Rome, certains n’ont même pas eu le temps de choisir un nom de règne. Pascal II qui avait pourtant soutenu Henri V dans son accession à la tête du Saint-Empire est emprisonné par celui-ci qui l’oblige à le couronner empereur. Pas simple, comme on dit aujourd’hui.

Cathédrale d’Autun au début de sa restauration en 2003 — Photo Gilles Bertin

Le 25 décembre 1119, Calixte II célèbre donc une messe à Autun et lance les travaux de la future cathédrale d’Autun. But de l’édifice, abriter les reliques de Saint Lazare d’Aix, reliques arrivées depuis Marseille au siècle précédent, pour réaffirmer la place d’Autun sur les routes des pèlerinages, réseau a son importance alors en terme économique et de soft power.

Le glissement du Lazare biblique par voie d’eau

Mais il y a a maldonne sur ce Lazare. Une histoire de translation qui vaut le coup d’être contée. Ce Lazare dont on a les reliques à Autun, on le prend pour un autre Lazare. Lazare de Béthanie, frère de Marthe et Marie. Lesquels, dans la tradition provençale, débarqueront aux Saintes–Maries–de–la–Mer. Jésus aurait ressuscité Lazare :

Jésus dit : « Ôtez la pierre. » Marthe, la soeur du mort, lui dit : « Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu’il est là. »
Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit : « Père, je te rends grâces de ce que tu m’as exaucé. Pour moi, je savais que tu m’exauces toujours ; mais j’ai parlé à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé ». Ayant dit cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, sors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d’un linge.

Jean 11 : 39 à 44
Le fameux tympan de la Cathédrale d’Autun — Photo Gilles Bertin

On révère alors ce Lazare et ces sœurs et on croit que les reliques d’Autun sont les siennes. Il s’agit en fait de celles du premier évêque d’Aix, Saint Lazare d’Aix, nommé en 408 par l’empereur Constantin III pour s’appuyer sur la religion catholique, mais dont la désignation provoque des bains de sang à Aix. La population le chasse et il est excommunié par Rome. Curieusement, il fait le voyage inverse de Lazare de Béthanie en allant lui s’installer en Palestine. Son histoire aurait donc été recouverte et son corps en quelque sorte récupéré dans l’esprit des croyants du Moyen-Âge par la figure de Lazare de Béthanie.

Le Christ en majesté, figure centrale du tympan de la cathédrale d’Autun, merveille de la sculpture romane par Gislebertus — Photo Gilles Bertin

L’intéressant de ce mélange de légende, d’histoire et d’adoration populaire est la beauté de ce lien par voie d’eau entre Palestine, Marseille, Autun. Entre premier et douzième siècle. Voire même si l’on file plus loin cette histoire d’eau, jusqu’à l’abbaye de la Trinité de Vendôme qui a abrité la relique de la Sainte Larme, l’une des larmes que le Christ auraient versées à la mort de Lazare, récupérée par un ange qui l’aurait donnée à Marie-Madeleine. L’eau de l’au-delà, chantait Reggiani :

Il lui arrive quelquefois
D’aller à n’en pas revenir
Nager dans l’eau de l’au-delà
Des souvenirs de l’avenir
Entre les lignes de ses rides
Qui ne l’ont pas encore marquée
Elle peut lire des génocides

Des souvenirs de l’avenir, Serge Reggiani

900 ans d’architecture et un miraculeux sauvetage du tympan

La construction de la cathédrale s’étend de 1120 à 1140. Deux siècles plus tard, comme elle est en train de s’ouvrir par le milieu, la maladie de ces architectures romanes, on la dote d’arcs-boutants. Hélas, ils assombrissent énormément l’intérieur et ne rendent pas grâce à la spirituelle et encore empreinte de paganisme sculpture des chapiteaux effectuée par le grand Gislebertus, avec cet incroyable tympan qu’il faut avoir vu une fois dans sa vie.

Un collage vidéo de photographies de la cathédrale — Auteure : Renée Grillot.

Tympan qui range cette école de sculpture dans l’art mondial humain, à laquelle on songe lorsque l’on visite le musée Jacques Chirac des arts et civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, quai Branly à Paris.

La flèche actuelle est construite à la fin du 15ième siècle pour remplacer la tour romane détruite par un orage. Des chapelles sont ajoutées à la même époque.

Pendant la révolution, le fameux tympan sauve sa peau par un incroyable coup de chance. En 1766, les chanoines qui le trouvaient de mauvais goût l’avaient fait plâtrer et peindre pour donner une allure baroque à la cathédrale. Ce qui le protégea du vandalisme pendant l’époque révolutionnaire où des statuaires dans d’autres églises de la région furent détruits. Hélas, ses ânes de chanoines détruirent définitivement d’autres éléments de la cathédrale, sa mosaïque, le portail latéral et son tympan. Quant au grand tympan plâtré, il sera redécouvert dans les deux sens du mot par l’abbé Devoucoux en 1837.

Une grande restauration extérieure et intérieure de la cathédrale est entreprise début des années 2000. Elle vient de se terminer, livrant au visiteur croyant ou athée le sublime de l’art roman transcendé dans une pierre blonde comme le blé.

Visiter Autun

Si je suis le créateur et l’éditeur de Lyon Visite, je suis aussi originaire d’Autun. J’ai évidemment créé mes itinéraires de visite d’Autun et de la cathédrale :

Parcours de visite d’Autun

Parcours de visite de la cathédrale d’Autun


Photo du haut de page : La tentation d’Eve, sur Wikimedia, CC BY-SA 4.0, 15 janvier 2017 par Alamandar — Lien vers la source

Toutes les autres photos sont de Gilles Bertin.

Vidéo de la chaîne Youtube de Renée Grillot

Lanternes magiques et bébés robots : retour sur la fête des lumières 2019

À travers 7 coups de cœur et demi, retours en photo et en vers libres sur les animations qui ont marqué la fête des lumières 2019.

C’est la ballade
Que la maman robot
Chante pour qu’il s’endorme
À son bébé robot
Qui veut pas faire dodo

chantait Mama Béa en 1978. Des ballets de robots et la magie retrouvée de l’enfance donnent à cette fête 2019 la magie qu’elle promet depuis sa naissance un soir d’orage de 1852.

Light me imaginée et créée par Séverine Fontaine, Place de la Bourse, fête des lumières 2019
Light me imaginée et créée par Séverine Fontaine, Place de la Bourse, fête des lumières 2019

Avec une fausse modestie typiquement  lyonnaise, les médias de la capitale des gones annonçaient ce millésime 2019 comme novateur. La veille du démarrage, au vu des essais techniques, ce n’était pas notre sentiment à Lyon Visite. Mais, jeudi soir, après le discours de Gérard Collomb ouvrant avec son talent habituel d’orateur la fête 2019, puis après la petite déception de la place des Terreaux, notre impression a fortement évolué. La fête 2019 recèle nombre de pépites chatoyantes et chatouillantes.

Retrouver l’innocence de son enfance avec les lanternes magiques de Gadagne (coup de cœur n°1), œuvre de Julia Dantonnet et Shantidas Riedacker

L’enfance
Qui peut nous dire quand c’est fini
Qui peut nous dire quand ça commence
C’est rien avec de l’imprudence
C’est tout ce qui n’est pas écrit

chantait Brel.

Ô lumière des haies, lune sur la forêt
Ô chant de la hulotte, vagissement du hérisson
Ô glissement soyeux de la limace, oreilles du lapin
Ô biche dessert des cerfs
La chauve-souris se faufile dans les peupliers
Ô l’innocence d’avant la naissance
D’avant les particules fines CO2 des SUV

Hôtel de Gadagne, Vieux Lyon - Fête des lumières 2019
Hôtel de Gadagne, Vieux Lyon – Fête des lumières 2019

C’est l’animation la moins coûteuse de la fête. Ni lasers, ni tubulures d’aluminium, ni cohortes de robots. Seulement quelques lanternes magiques. Des animaux, des arbres découpés dans un carton à chapeaux et dedans une bougie, LA lumière, cette lumière magique originelle retrouvée, qui projette des ombres chinoises sur les grands murs du double hôtel des frères Gadagne et dans les niches de ses galeries. Ce n’est pas tout à fait une bougie, c’est une belle grosse LED, mais la flemme de sa flamme est là dans notre cœur, quand il n’y avait ni minutes ni secondes aux après-midi et aux nuits d’été, quand on croyait au Petit Chaperon Rouge et aux méchants loups qui existent bien. Ce n’est pas non plus tout à fait un carton à chapeaux, ni un tambour du Bronx, mais un cylindre amoureusement découpé.

Un travail de 6 mois précise dans un message de remerciement après parution de cet article Julia Dantonnet, auteure de la  partie lumière de cette animation, avec son complice Shantidas Riedacker au son. Ajoutons qu’elle et il lui ont choisi un titre en français : Nocturne.

Allez à Gadagne, allez en enfance, goûter l’utopie d’un monde sans crise climatique, un monde sans pots cataleptiques, sans collapsologues, sans COP 19, 21, 25, 99. Un monde de libellules et de lapins. Magie de la lumière de révéler la nuit.

L’enfance
Qui se dépose sur nos rides
Pour faire de nous de vieux enfants
Nous revoilà jeunes amants
Le cœur est plein, la tête est vide
L’enfance
L’enfance

Les amoureux de la place de la Bourse (coup de cœur n°2)

Deux robots non genrés face à face tiennent une conversation amoureuse. Du moins, c’est ce que nous imaginons spontanément. Dans sa création, Séverine Fontaine a imaginé plus large. Le dialogue, le rapport entre deux êtres, incarnés par deux bras robots, si l’on peut employer ce verbe. Laissons leur la parole :

Gracieux ballet de robots sur une subjugante musique de Lucie Antunes à l’Hôtel-Dieu, (coup de cœur n°3)

La formation en carré de ces 20 robots nous faisait peur, eh bien elle se révèle fort efficace de fluidité et de souplesse coordonnée. Le néon que porte chaque bras participe à l’ensemble comme — et encore plus efficacement que — dans une troupe de ballet. Animation réussie, donc. Les reflets sur la bâche plastique en-dessous d’eux et la musique de Lucie Antunes insèrent de l’organique dans cette chorégraphie robotisée. Il ne manque plus à ces 20 robots que de devenir mobiles, de faire des pas chassés et des pointes, des glissades et des saltos.

Hôtel-Dieu, cour du Midi, fête des lumières 2019, sur un emusique de Lucie Antunes
Hôtel-Dieu, cour du Midi, fête des lumières 2019, sur une musique de Lucie Antunes

La lumière est eau à la Fontaine des Jacobins, (coup de cœur n°4)

En apparence, rien de plus extraordinaire que dans une discothèque, des lasers et de la fumée. Mais il y a cet écran de pierre blonde de la fontaine, mais il y a ces quatre nymphes enlaçant chacune un poisson, mais il y a ces 4 illustres Lyonnais de pierre, Philibert Delorme, Guillaume Coustou, sculpteur, Gérard Audran et Hippolyte Flandrin, 4 hommes et pas une femme, mais il y a cette fontaine carrée inscrite dans une vasque et une place circulaires, cette fontaine d’où part la lumière, autour de laquelle elle tourne, nombril et pivot.

Fontaine des Jacobins, fête des lumières 2019
Fontaine des Jacobins, fête des lumières 2019
Fontaine des Jacobins, fête des lumières 2019
Fontaine des Jacobins, fête des lumières 2019
Fontaine des Jacobins, fête des lumières 2019
Fontaine des Jacobins, fête des lumières 2019

Pris dans la nasse de la place des Célestins (coup de cœur n°5)

Quel âme constipée a imaginé ce tortueux entonnoir en serpentin d’alambic lambrissé de barrières métalliques et d’entrées de rues fermées par des cerbères qui, après moult retours et détours perpendiculaires, aboutit enfin à l’entrée  de la place des Célestins ? Une entrée suffoquée comme la gorge d’un insuffisant respiratoire. Plus encore qu’avec le plan de circulation traditionnel où on laissait arriver les gens par la rue des Archers, en face du théâtre. On s’entassait, mais on pouvait s’échapper. Là, au coin sud-ouest de la place, les mémères défaillent  et seuls les basketteurs tirent leur épingle du jeu… ou les Tintin reporters de Lyon Visite qui enjambent les rambardes et traversent les bosquets de magnolias pour atteindre la place centrale où, miracle, il y a beaucoup moins de monde. Il paraît que c’est ainsi dans l’œil des cyclones.

Théâtre des Célestins, fête des lumières 2019
Théâtre des Célestins, fête des lumières 2019

Mais quel bonheur ! Une des plus belles animations de cette fête. Au-dessus de la place un écheveau de copeaux cuivrés, longue chevelure bouclée comme celle de la tête de Méduse du Persée de Benvenuto Cellini capte les rayons lumineux comme les branches d’une clairière attrapent le soleil. Cet impressionnisme vibrant résonne avec le classicisme à l’italienne de ce bijou de théâtre des Célestins, admirablement proportionné.

Petite cerisaie sur ce gâteau des Célestins, la porte du théâtre éclairée en haut de son perron qui dit aux cœurs épris de théâtre qu’on entre ici en un lieu de lumière pour l’esprit et l’âme, un lieu de dire.

Théâtre des Célestins, fête des lumières 2019
Théâtre des Célestins, fête des lumières 2019

Jonathan Livingstone le Goéland et René Magritte, gare Saint-Paul (coup de cœur n°6)

Des images surréalistes qui donnent plein de pichenettes à notre imaginaire. Une antique micheline (ces trains vintage qui desservaient les campagnes avant les TER), un oiseau qui plane dans un décor urbain, un astronaute, un homme à melon qui arpente un clavier de piano. Une animation simple qui atteint son but proclamé en anglais dans son titre, Day Dreams (chaque année, nous nous questionnons sur cette manie de titrer les animations en anglais). Rêves quotidiens ? Jour de rêves ? Jean-Noël Beyssier de Flshka design a su proposer avec cette animation une très belle moulinette à rêves. Merci à vous.

Gare Saint-Paul, animation de Flshka Design, fête des lumières 2019
Gare Saint-Paul, animation de Flshka Design, fête des lumières 2019
Gare Saint-Paul, animation de Flshka Design, fête des lumières 2019
Gare Saint-Paul, animation de Flshka Design, fête des lumières 2019
Gare Saint-Paul, animation de Flshka Design, fête des lumières 2019
Gare Saint-Paul, animation de Flshka Design, fête des lumières 2019

Place Bellecour, ça plane pour moi ! (coup de cœur-épic) — Prairie éphémère

Le même dispositif que place de la République en 2017 avec les Pikooks. Des grosses baudruches oiseaux-poissons éclairées de l’intérieur dérivent dans le ciel, ici au-dessus d’un décor d’herbes en fibre optique. Il faut se laisser prendre par leur nonchalance et la musique. Les proportions de la place, la gigantesque grande roue et la solennelle statue équestre structurent cette installation imaginée par Tilt et Portés par le vent, qui sans cela serait trop dans la tendance verte.

Place Bellecour, fête des lumières 2019
Fête des lumières 2019, place Bellecour

Place des Terreaux, une valeur sûre

Elle est neûve ma place comme disent les Lyonnais en accentuant le « eu », c’est une caractéristique de l’accent francoprovençal. Or donc, pour sa réfection in extrémis avant la fête, la place des Terreaux a accueilli en son écrin de pierre, sur la façade anonyme du musée des Beaux-Arts et sur celle de l’Hôtel de ville, une animation fort classique et, à défaut d’être originale, ce qui est difficile dans ce lieu gigantesque, est efficace. Le côté appliqué et convenu de la mise en abyme des conversations de la troupe d’animation casse sans doute la poésie au départ.

Places des Terreaux, fête des lumières 2019
Places des Terreaux, fête des lumières 2019
Places des Terreaux, fête des lumières 2019
Places des Terreaux, fête des lumières 2019

Place Rambaud, encore un robot, par Encor Studio

Troisième animation basée sur de la robotique avec celles de l’Hôtel-Dieu et de la place de la Bourse. Installé sous une tente transparente en forme d’igloo, le bras robot de Encor Studio braque son phare tout autour de lui, au gré des commandes vocales des spectateurs. Mais, enchaîné comme ses copains à son socle, il ne peut heureusement s’échapper, seulement pivoter et gesticuler en vain.

La cathédrale Saint-Jean sur la chaise électrique (coup de pique)

Déception à la cathédrale devant le énième replay d’une Genèse anthropocentrée, comme si la sublime façade appelait irrésistiblement année après année ce genre d’histoire. Quelques très beaux effets, particulièrement dans la sobriété quand des vermicelles de lumière drapent le monument d’une résille poétique. Un jour peut-être, dans une année prochaine, quelqu’un viendra avec une non Genèse, une non construction de cathédrale, une autre histoire. Ou un poème ?!

Cathédrale Saint_Jean, fête des lumières 2019
Cathédrale Saint-Jean, fête des lumières 2019
Cathédrale Saint-Jean, fête des lumières 2019
Cathédrale Saint-Jean, fête des lumières 2019

Belle fête des lumières

Programme fête des lumières 2019 + parcours de visite

Programme de la fête des lumières 2019 avec ses animations les plus fortes + notre parcours de visite…
Article en cours de rédaction, revenez le consulter tout ce grand week-end.

Du jeudi 5 au dimanche 8 décembre.

  • Jeudi et dimanche : 19h à 23h (beaucoup moins d’affluence ces 2 jours)
  • Vendredi et samedi : 20h à minuit

Réservez vos visites guidées fête des lumières ici (nombreuses visites guidées de 9h à 16h — pour des visites accompagnées de la fête elle-même, adressez-nous votre demande ici)

Une fête 2019 renouvelée

La fête des lumières 2019 s’annonce belle et particulièrement originale, avec de nouveaux artistes. Parmi nos 12 sélections subjectives — basées sur notre expérience de 11 années de fête des lumières — 12 animations parmi les 65 créations de cette fête 2019 figurent des points d’orgue à ne pas rater. Spectaculaire et lyrique, Place des Terreaux, Cathédrale Saint-Jean. Ludique, Place du Griffon. Révolution numérque, Place des Célestins, place Sathonay.

Le programme complet est distribué dans les guérites situées aux principaux points de la ville, dont Opéra. Ainsi que par des jeunes gens à cheval sur des gyropodes.

Parcours de visite conseillé : 3 km et demi de lumières soyeuses

Parcours complet : partir du Parc de la Tête d’Or (métro A station Masséna, 5mn à pied) jusqu’à Cathédrale Saint-Jean puis Musée Gadagne

Parcours plus raisonnable : partir de la Cathédrale Saint-Jean, jusqu’à place des Terreaux, place du Griffon et Place Sathonay.

Visites guidées : c’est par ici

—— LETTRE D’INFORMATION Fête des lumières… pour ne rien rater du meilleur ——

Pour recevoir vendredi 6 décembre nos coups de cœur 2019 vus et photographiés sur le terrain, inscrivez-vous ici :

Parcours de visite fête des lumières 2019

L’itinéraire que nous vous conseillons cette année.

Parc de la Tête d’Or, accrobranche

Végétale et aquatique, toujours différente des autres

Allez voir cette animation, même si elle est loin des autres, vous risquez d’être enchanté, touché, emporté loin. Au Parc de la Tête d’Or, les animations de la fête des lumières ont toujours une profondeur que ne peuvent avoir aucune autre animation de cette fête.

Fête des lumières 2010 au parc de la Tête d’Or : la compagnie Carabosse avait imaginé, monté et animé ce mobile de feu et d’eau. C’était tout simplement magique !

La dimension végétale et obscure des arbres plongés dans l’ombre, dans nos inconscients de citadins mondialisés, nous fait vibrer comme les violoncelles jouant les suites de Jean-Sébastien Bach. La dimension aquatique des eaux froides du lac nous ramène au bouillon de culture originel, quand nous avons quitté la mer pour la terre.

L’animation imaginée par Groupe F

Des mannequins humanoïdes résillés de lumière bondiront dans les arbres illuminés du Parc, tout en suivant un chemin de lumière tracé par les chemins obscurs jusqu’au milieu du lac. Gérard Manset chantait :

Mais où sont passées les lumières
Qui nous guidaient ?
Peut-être étions-nous trop fiers
Pour baisser la tête.

Animation Parc de la Tête d'Or, Regarde (c) Groupe F — Simulation d’artiste
Animation Parc de la Tête d’Or, Regarde (c) Groupe F — Simulation d’artiste

On y va par l’entrée principale, porte des Enfants du Rhône, tout juste rénovée et redorée. Une jolie balade peut être de suivre les berges en bas, au bord de l’eau.

Place du Griffon, fatal tilt

J’étais tranquille j’étais peinard
Accoudé au flipper
Le type est entré dans le bar
A commandé un jambon beurre
Et y s’est approché de moi
Et y m’a regardé comme ça

chantait Renaud en 77 avant de siffler tout le pastaga de ce bar. Et puis le type a renversé le flipper… Un flipper géant sur le flanc place du Griffon, sur cette place rarement mise en scène pour la fête des lumières. Bonne idée. Et comme c’est à deux pas de la place Louis Pradel, de l’Opéra et des Terreaux, il ne faudra pas se priver de lui rendre visite. Elle a été imaginée par Stéphane Durand et Patrick Laurino, qui travaillent tous deux pour le théâtre, à la création de décors. D’où sans doute cette théâtralité. Et comme le dossier de presse annonce une dimension poétique et humoristique, nous sommes curieux de cette animation qui remmènera peut-être les plus vieux du côté de 77 et les jeunots dans leurs 17 ans.

Placxe du Griffon, une installation de Stéphane Durand et Patrick Laurino — Simulation d'artiste
Place du Griffon, une installation de Stéphane Durand et Patrick Laurino — Simulation d’artiste

Place des Terreaux, le retour de Benoît Quero après le lifting de la place imaginée par Christian Drevet et de Daniel Buren

Fête des lumières 2019, place des Terreaux, simulation d'artiste
Une toute petite histoire de lumières (c) Spectaculaires, les Allumeurs d’Images — Fête des lumières 2019, place des Terreaux, simulation d’artiste

L’histoire de la restauration de l’œuvre de Buren

Cette fête des lumières 2019 sera la première grande sortie de la place des Terreaux retoilettée en princesse de pierre blanche et noire. Les travaux qui depuis plus d’un an avaient transformé la place en paysage lunaire seront terminés à temps, tout le monde l’espère. Rappelons que les négociations entre la municipalité et l’architecte Christian Drevet et l’artiste Daniel Buren (qui détiennent la propriété intellectuelle de l’œuvre que constitue l’aménagement de cette place, qui leur avait été commandée en 1994 par la même municipalité, sous Michel Noir) ont été un peu rudes. Daniel Buren déclarait en 2015 à FranceInfo que c’était :

une atteinte terrible au droit moral, parce que les gens continuent, sans doute à juste titre, à accoler mon nom à cette place et qu’est-ce qu’ils voient ? Quelque chose que je suis le premier à dénoncer depuis très longtemps, c’est-à-dire quelque chose qui n’a plus ni queue ni tête et qui ne ressemble à rien. Source : FranceInfo

Buren avait envisagé de poursuivre la ville si elle ne remettait pas en état cette place. Avec Drevet, il a légèrement réaménagé leur projet initial. Les 69 fontaines (comme le numéro de département du Rhône) dont le fonctionnement et l’entretien posaient problème ont été ramenées à 15. Et le dallage renforcé pour supporter le passage des véhicules autour et parfois dessus, comme durant les G7… Et la foule pendant les fêtes des lumières. Mais, toujours ni arbres, ni un brun d’herbe, fors de fumette.

Le retour 11 ans après son coffre à jouets de Benoît Quero

Or donc, après ce long bras de fer entre finances publiques et droit d’auteur, la place accueillera à nouveau la fête des lumières, qu’elle avait désertée depuis 2017. Et ce sera surtout le retour de Benoît Quero. Ce dont on se réjouit à Lyon Visite car nous avons encore de son animation de la place en 2008 des étoiles dans le cœur et la magie de notre enfance dans les yeux. Il avait transformé la place en immense coffre à jouets.

DR Spectaculaires Les allumeurs d’images – Animation 2008 de la place des Terreaux

Des voitures de pompiers, des fusées à la Tintin circulaient sous les impostes des longues façades minérales du Musée des Beaux-Arts et de l’Hôtel de Ville.

Cette année, Benoît Quéro se tourne à nouveau vers ce lieu du jeu, et ce n’est plus le coffre de l’enfance, mais celui de la création, si vous admettez cher lecteur que la création est un jeu. Fermez les yeux, imaginez un immense panne d’électricité. Vous auriez à nouveau accès à ce spectacle que l’on ne voit plus. La dérive des nuages au vent, la caresse de la lune sur les feuillages, le vol dans le ciel des sorcières, des balais, des assiettes, des coffres à jouets. Nous avons le droit de rêver, n’est-ce pas ! Une très jolie ironie de cette animation qui nous invite à imaginer la création sans électricité est qu’elle est sponsorisée par… EDF 🙂

Place Sathonay, big data tagadac Google

Suis-je enceinte ? Google sait tout de nos vies parce que nous le lui confions nos demandes les plus intimes, les plus secrètes, les plus inavouables, comme les plus banales. Une pizza thon anchois, comment faire l’amour, le contrôle technique le plus cool pour sa vieille caisse, comment reconquérir son ex (oui, il existe un site pour ça). Romain Tardy, dont ce sera la toute toute première fête des lumières, puisque non seulement il n’a jamais créé d’animation pour elle, mais il n’y a jamais non plus assisté, en a fait le cœur de son dispositif qui entourera la statue du sergent Blandan, place Sathonay. 18 afficheurs géants en cercle produiront aléatoirement ou pas tant que ça les demandes faites en France au moteur de recherche. Et l’on pourra se rendre compte de ce qui anime nos âmes. Et nous questionner sur notre inlassable quête de puissance et notre paresse qui nous fait rechercher des solutions toutes faites au lieu de nous confronter à notre réalité, moi, l’auteur de cette page, en premier.

Place Sathonay, The Great Indecision Council © Romain Tardy, simulation d'artiste
Place Sathonay, The Great Indecision Council © Romain Tardy, simulation d’artiste

Rue Herriot, des grands rêves municipaux

Les animations sans animation, paradoxalement et pas tant que ça, remportent souvent un grand succès. Ainsi en va-t-il depuis des années de la déco au-dessus de la rue de la République. Cette année, ce sera rue Herriot, la récemment rue végétalisée avec des bacs à fleurs en vue des prochaines municipales/métropolitaines, puisque les deux se mêleront, s’emmêleront, s’étriqueront. C’est Hexagone Illumination qui assurera cette décoration, installant  30 décos au-dessus et à travers le kilomètre de cette rue de Terreaux à Bellecour. Genre ce qui se fait pendant les grandes fêtes religieuses au Portugal. Top beau pour poser sur la photo avec un verre de vin chaud fumant, cannelle et citron.

Place des Jacobins, à la claire fontaine

L’allemand Ralf Lottig y reproduira une inondation autour de la sublime fontaine en son centre. Eau, brume, pluie, vent… pas pour de vrai, bien sûr, en laser et leds.

« Golden hours » par Jacques Rival, fête des lumières 2017 – Photo Lyon-visite.info

Et comme cette place est très belle et cette fontaine la plus belle de Lyon, la plus équilibrée et classique, attendons-nous à un beau spectacle.

Grand Hôtel Dieu, robot mille pattes sur le dos

Grosse attente après Alain Benini

Nous attendions triplement cette animation. Parce que c’est la première animation fête des lumières dans cet Hôtel Dieu nouvellement restauré. Parce qu’aucun projet culturel n’a été pensé, imaginé, osé, financé par la municipalité pour cette luxueuse coquille de pierre vide… Vide, sauf de commerces ! Parce que des années durant, Alain Benini l’architecte des HCL a mis la barre très haut avec des installations gorgées d’expressivité, telles une page de Marguerite Duras, une chanson d’Alain Souchon, un film de Federico Fellini, des animations populaires dans le bon sens du mot, où les spectateurs dansaient spontanément. Il a été notre coup de cœur 2010 n°1 et notre coup de cœur 2012 n°5.

Animation Hôte-Dieu par Alain Benini
Animation Hôtel-Dieu 2009 par Alain Benini

Le mille pattes de Collectif Scale et de la passionnante musicienne Lucie Antunes

20 bras robots illuminés installés en 4 rangées de 5 bien ordonnées danseront selon le dossier de presse, dixit et sic :

un ballet dans lequel la lumière a supplanté l’homme

Ce sera Cour du Midi, au centre de l’Hôtel-Dieu.

Animation Grand Hôtel-Dieu, cour du midi,Coda (c) Collectif Scale & Lucie Antunes
Animation Grand Hôtel-Dieu, cour du midi,Coda (c) Collectif Scale & Lucie Antunes

Le Collectif parisien Scale a des références impressionnantes telles que Christine and The Queens ou Carl Craig. Ce sera sa première fête des lumières. Comme la passionnante musicienne Lucie Antunes qui fournit la musique inédite sur laquelle les 20 bras exécuteront leur gigue digitale 2.0.

La Place Bellecour végétalisée

"Promenons-nous" par TILT - François Fouilhé, fête des lumières 2017, Place Bellecour — Photo GB Lyon-visite.info
En 2017, François Fouilhé avait déjà marqué la fête des lumières place Bellecour avec les fleurs de son « Promenons-nous » — Photo GB Lyon-visite.info

Alors que les candidats aux prochaines municipales/métropolitaines se battent à coup de bacs à fleurs dans les voies de bus, François Fouilhé, inventeur du collectif TILT (notre coup de cœur n°3 en 2017 pour ses fleurs, déjà place Bellecour), et Christophe Martine, parapentiste créateur d’objets lumineux éoliens, se sont alliés pour végétaliser entièrement la place Bellecour.

Prairie éphémère, place Bellecour, (c) TILT et Porté par le vent — Simulation d'artiste
Prairie éphémère, place Bellecour, (c) TILT et Porté par le vent — Simulation d’artiste

500 grandes herbes lumineuses de 4 mètres de haut couvriront la terre battue du quasi carré de la plus grande place piétonnière d’Europe (plus grande que la Place Rouge). Ces herbes remuent et sont parcourues par nous, les spectateurs (qui nous sentiront au choix chétifs ou admiratifs de la grandeur de l’univers herbeux de François Fouilhé), et par quelques créatures volantes, Les Luminéoles, qui sont la spécialité de Christophe Martine qui pour leur envol a créé en 2002 la structure Porté par le vent.

À propos de grandes herbes, plus hautes que soi, connaissez-vous le lumineux roman de Hubert Mingarelli, auteur qui figure sur le
Mur peint des écrivains, quai de la Pêcherie (voir notre visite des murs peints) ?

Cette herbe poussait si vite que personne ne jugeait utile de couper une herbe qui aurait repoussé le lendemain. Elle commençait derrière les maisons et, me semblait-il, s’étendait aussi loin que la vue portait depuis le sommet du château d’eau. Mais je ne pouvais pas l’affirmer, car je n’étais jamais monté sur le château d’eau.

C’était une herbe mystérieuse.

Je pouvais marcher une heure sans rencontrer autre chose que ces herbes qui me dépassaient d’un demi mètre en hauteur, mais laissaient entrer la lumière du soleil, de sorte qu’il n’y avait rien d’effrayant à y marcher, même sur un kilomètre à l’intérieur.

Une rivière verte et silencieuse, Hubert Mingarelli, éd. du Seuil, 1999

Place Antonin Poncet, chapeau pointu

Sébastien Lefèvre installera sur cette place entre Rhône et Bellecour, dominée par la tour restant de l’ancien hôpital de la Charité, une sorte d’immense chapeau conique, tissé de cordes lumineuses, dont les éclairages obéiront à des rythmes lyriques composés par Yes Sœur, un duo électro composé de Grégoire Simon et Alexandre Bouvier. Nous tous spectateurs déambuleront dessous.

Pavillon, (c) Sébastien Lefèvre, place Antonin Poncet — Simulation d'artiste
Pavillon, (c) Sébastien Lefèvre, place Antonin Poncet — Simulation d’artiste

Place des Célestins, télécharger un bout du cloud

Prenez la place la plus classique de la ville, un écrin carré de magnolias avec son joyau de théâtre à l’italienne. Prenez un groupe qui a créé 2 ou 3 des plus remarquables animations de la fête des lumières de ces 10 dernières années. Réunissez-lez. Logiquement, cela devrait produire une des plus belles animations de la fête des lumières 2019.

La Direction de l’Éclairage de Lyon a été notre coup de cœur n°3 en 2014, place Antonin Poncet. Comme elle a été notre coup de cœur n°1 en 2013, place des Jacobins en mettant la fontaine dans un cube transparent.

Place des Jacobins, Direction de l’éclairage public, Show case
Place des Jacobins, Direction de l’éclairage public, Show case

Et nous gardons intact notre émerveillement de 2012, sous les laides voûtes de Perrache dont la Direction de l’Éclairage de Lyon avait rempli le tunnel de poissons baudruches arrosés de lumière disco. Une expérience faite avec 3 bouts de ficelle, sans ordinateur, d’une poésie revigorante par grand froid et architecture hideuse.

Voûtes de Perrache, immersion abyssale, création de la Direction de l'éclairage public de la ville de Lyon
Voûtes de Perrache, immersion abyssale, création de la Direction de l’éclairage public de la ville de Lyon

Autant dire que Lyon Visite sera place des Célestins aux premières heures de cette fête des lumières 2019. Au risque d’être déçu, bien sûr, tout cela reste de l’art et du subjectif et non de l’injonctif. Faites-vous votre propre opinion !

Oh, j’oubliais la description de ce que la Direction de l’Éclairage nous a prévu. Ce seront, dixit car cela est difficile à visualiser, des particules de lumière flottant au rythme des données du big data (comme place Sathonay avec les recherches dans Google). Le visuel du dossier de presse ci-dessous est un peu plus éclairant et tournoyant. RDV place des Célestins le 5 au soir.

Place des Célestins, Jérôme Donna de la Direction de l'Éclairage de la ville de Lyon — Simulation d'artiste
Place des Célestins, Jérôme Donna de la Direction de l’Éclairage de la ville de Lyon — Simulation d’artiste

Fourvière depuis les berges, Le Vieil homme et la Mère

De bons géants lumineux cueilleront des nuages passant au-dessus de la colline à genoux pour les pleuvoir sur une pauvre fleur mourant de soif, comme une marguerite en pleine canicule place des Terreaux. Encore un thème écolo, comme place Bellecour, la fête des lumières 2019, une fête greenwashée.

Le vieil homme de toujours, en breton Cotzen, surnom de Philippe Cotten, avait déjà mis en lumière le vaste panorama de la colline de Fourvière vu depuis la rive gauche de Saône en 2016 où il faisait partie de nos coups de cœur. Cette année 2019, il se remet à la fois à l’écriture, aux manettes et au financement puisqu’il est à la fois auteur, producteur et metteur en scène.

Colline de Fourvière depuis les berges de Saône, Les cueilleurs de nuages (c) CozTen — Simulation d'artiste
Colline de Fourvière depuis les berges de Saône, Les cueilleurs de nuages (c) CozTen — Simulation d’artiste

Son animation couvrira le nombreux patrimoine concentré autour de Marie, la Mère de Lyon qui en a tant compté après elle, de la mère Guy à la mère Brigousse et la mère Brazier qui forma le jeune Bocuse. Des berges de Saône, idéalement du pont Bonaparte à la passerelle du Palais de Justice (passerelle fermée en la circonstance), vous pourrez contempler cet incroyable panorama lumineux : chevets de la basilique de Fourvière et de la cathédrale Saint-Jean, 24 colonnes du Palais de Justice, jardin du Rosaire, Antiquaille.

Cathédrale Saint-Jean, fourrure d’or

L’un des plus fabuleux spectacles de quasiment chaque fête des lumières est ici, sur la façade marmoréenne de la cathédrale Saint-Jean. Je n’ai pas souvent l’occasion de placer cet adjectif, alors j’en profite (marmoréen : qui a la nature, l’aspect du marbre).

Genesis (c) Théoriz Studio, cathédrale Saint-Jean — Simulation d'artiste
Genesis (c) Théoriz Studio, cathédrale Saint-Jean — Simulation d’artiste

L’animation imaginée par Theoriz Studio, basée sur lumière et musique, synthétisera carrément en quelques minutes chrono (vu l’affluence monstrueuse sur cette place, l’entrée est régulée et nécessite en général un bon quart d’heure d’attente) la genèse de l’univers et du nôtre, sur notre Terre. Cela a déjà été fait dans les années précédentes, normal vu la vocation méditative du lieu, mais on s’en fiche, peu importe le prétexte narratif, ce qui compte est la mise en scène. Et comme la barre est très haute (coups de cœur n°2 en 2017 et 2016 et 2011, n°1 en 2014 et 2009), le challenge comme on dit dans les team buildings est de taille pour Theoriz Studio.

Bonne fête des lumières 2019.

Réservation de visites guidées pendant la fête des lumières ici

Exposition Imagine Picasso

Une expo immersive des œuvres de Picasso en taille XXL à La Sucrière jusqu’à mi janvier 2020 sur des volumes cubistes conçus par l’architecte Rudy Ricciotti.

Cela ressemble à la fête des lumières avant l’heure, mais c’est la fête à Picasso. La fête surtout à ses œuvres et à leur création. Cela se passe à La Sucrière jusqu’à la mi janvier 2020.

Une scénographie inhabituelle pour une expo de peinture

Le principe de cette expo rompt avec les scénographies habituelles d’œuvres accrochées à des cimaises et de public défilant devant. Ici, cette expo selon ses propres mots est « immersive ». L’image des toiles du grand Pablo sont projetées dans les immenses salles de La Sucrière sur des éléments de structure aux lignes obliques créés par le grand architecte Rudy Ricciotti. Ceette expo est née de son esprit et de ceux de ses acolytes, les réalisateurs Annabelle Mauger et Julien Baron.

Ces deux derniers ont déjà de l’expérience en la matière, avec un « Imagine Van Gogh » qu’ils ont conçu sur le principe de la Cathédrale d’Images des Baux de Provence qui avait marquée Annabelle Mauger en 2000. Imagine Van Gogh a été exposé cet été 2019 au Havre et à la Grande halle de la Villette en 2017.

Les demoiselles d avignon, Picasso
Les demoiselles d’Avignon, Picasso, 1907, CC BY-SA 2.0

L’exposition

L’expo est en deux grandes parties, précédée d’un espace pédagogique.

Parcours Picasso

La première retrace à la fois la vie de Picasso et son parcours artistique avec ses grandes étapes, les périodes bleue et rose du Bateau-Lavoir, le tournant cubiste des Demoiselles d’Avignon et le cubisme, puis les ballets russes et le néo-classique et le surréalisme jusqu’à ses œuvres tardives. Le cycle de projection dure 30 minutes pendant lesquelles sont projetées 300 œuvres. Il est donc possible d’entrer dans l’expo à n’importe quel moment.

Minotaure, Picasso, 1958
Minotaure, Picasso, 1958 – CC BY-SA 2.0

Rudy Ricciotti

La deuxième partie de l’expo se penche avec le principe de la Cathédrale d’images sur l’œuvre de Rudy Ricciotti.

Dossier pédagogique Picasso

Signalons aussi un très bon dossier pédagogique de 36 pages en téléchargement sur le site web de l’expo.

Accès et modalités de l’exposition

Du 17 octobre 2019 au 19 janvier 2020. De 10h à 18h. Les week-ends et vacances scolaires jusqu’à 19h.

La Sucrière, quai Rambaud, Lyon 2ème

On y va en T1 (arrêt Montrochet), à pied depuis Perrache ou à l’issue d’une belle ballade sur les quais de Saône depuis Bellecour ou même depuis Terreaux en jetant au passage un œil à d’autres œuvres monumentales, les murs peints des quais.

Le billet adulte coûte 12,90€ et 9 pour les enfants. Le week-end, c’est 1€ de plus.

Réservations en ligne ici : https://www.imagine-picasso.com


Photos :

L’écrivain Paul Fournel, spécialiste de Guignol, renaît son créateur Laurent Mourguet, le Molière des canuts

L’écrivain Paul Fournel, né à Saint-Etienne, marié à une Lyonnaise et, selon son aveu, « très parisien » et « esclave de l’Oulipo » est devenu depuis sa thèse sur Guignol l’un de ses meilleurs spécialistes. Il a consacré début 2019, le 250ième anniversaire de sa mort, une biographie romancée à Laurent Mourguet, le père de la marionnette et de son théâtre, pas si connu que cela en dehors de Lyon. « Portraits pour très » et croisés de Laurent, Paul, Guignol et les autres.

L’écrivain Paul Fournel, né à Saint-Etienne, marié à une Lyonnaise et, selon son aveu, « très parisien » et « esclave de l’Oulipo » est devenu depuis sa thèse sur Guignol l’un de ses meilleurs spécialistes. Il a consacré début 2019, le 250ième anniversaire de sa mort, une biographie romancée à Laurent Mourguet, le père de la marionnette et de son théâtre, pas si connu que cela en dehors de Lyon. « Portraits pour très » et croisés de Laurent, Paul, Guignol et les autres.

Dom Juan, Guignol, deux personnages inventés qui marchent seuls dans nos cœurs d’humains, qui ont lâché depuis longtemps la main de leurs créateurs, Tirso de Molina et Laurent Mourguet, oubliés, absorbés par le Sopalin de l’Histoire, par les Mozart et les Molière, par les dizaines de milliers de marionnettistes qui tapent du bâton sur le gendarme. « Deux personnages devenus des mots de la langue courante », observe Paul Fournel, l’auteur de Faire Guignol, spécialiste du célébrissime pupazzo lyonnais.

Fournel Paul photo Sophie Bassouls
Paul Fournel © Sophie Bassouls/P.O.L

Guignol, conservateur du francoprovençal

« J’étais en lettres à l’ENS Saint-Cloud, juste après 68, en plein dans ce bouillonnement autour du langage, je m’intéressais au francoprovençal », une langue parlée dans les pays romand, lyonnais, savoyards, dauphinois, foréziens, Paul Fournel est stéphanois. « J’avais choisi Guignol comme représentant, conservatoire d’un certain vocabulaire. » Il en fait son sujet de thèse de doctorat, Le Guignol lyonnais classique (1808-1878) étude historique, thématique et textuelle d’une forme d’art populaire.

L’Oulipo et Guignol, même combat

Mais Fournel est comme Mourguet — qui a successivement été canut, arracheur de dents, marionnettiste vers 1800, directeur de troupe en 1820 — lui ne deviendra pas professeur de lettres, mais éditeur, écrivain, oulipien, administrateur culturel à San Francisco. En effet, il rencontrera lui aussi son père Thomas, le baladin sans famille des vogues lyonnaises, ces fêtes foraines de quartiers, qui initia Laurent Mourguet à la comedia della arte de champs de foire, à l’art de la marionnette à gaine, celle où on fourre ses doigts :

(Père Thomas à Laurent Mourguet 🙂 « Tu glisses la main dans la marionnette et tu lèves le bras. C’est pas compliqué. Les trois doigts dans le bras gauche, le pouce dans le bras droit, l’index dans la tête. (…) Monte ton Polichinelle à la hauteur de la bande, comme s’il était debout sur le plancher. Fais-le marcher. (…) Maintenant, tu vas faire une glissade le long de la bande, qui finit par un coup de tête dans le cadre. Une marionnette à gaine, c’est aussi un poing. Vas- franchement et n’aie pas peur du bruit. » (Faire Guignol, p 47-48)

Marionnette centenaire de Guignol du Guignol Guérin, seul Guignol a être vétu de vert — Photo Guignol Guerin Wikimedia CC BY-SA 4.0
Marionnette centenaire de Guignol du Guignol Guérin, seul Guignol a être vêtu de vert, avec son fameux bâton — Photo Guignol Guerin Wikimedia CC BY-SA 4.0

Fournel aura Raymond Queneau pour père Thomas, l’auteur de Zazie dans le métro, à qui il a consacré un mémoire de maîtrise. «  Je suis allé lui rendre visite après un an d’enseignement à Princeton. Je lui ai donné mon mémoire et mon premier roman. » Équilatère sera publié à la NRF et Queneau introduit Fournel à l’Oulipo, dans le chaudron de ce laboratoire où les Perec, Calvino, Roubaud, malaxant les contraintes littéraires et mathématiques, en rupture avec le surréalisme réaniment la création littéraire, en plein infarctus post nouveau roman. Son activité au sein de l’Oulipo (comme au sein du Collège de pataphysique) n’est pas anecdotique, il en devient président et continue d’expérimenter autour du langage. Car, entre Guignol et Oulipo, il y a bien plus de cohérence que l’on ne pourrait le croire au premier abord. Tous deux sont des endroits où la langue est mise dans une cocotte-minute, passée au presse-citron, hachée menue, pour partager le plaisir de jouer avec, d’en avoir plein la bouche, comme dans la défunte émission Des papous dans la tête.

Prolifique Fournel

Fournel devient d’abord éditeur dans les années 80 chez Hachette, Encyclopedia Universalis, Ramsay, Seghers, tout en continuant à écrire. Des nouvelles, Les grosses rêveuses, savoureuse peinture d’un village avant le règne des supermarchés rencontre un beau succès en 1981. Fournel en prépare une suite qui sortira au printemps 2020.

En 1989, Les athlètes dans leur tête décroche le Goncourt de la nouvelle. Fournel est un sportif, passionné de vélo, il écrira Anquetil tout seul en 2012, parmi une trentaine de romans, récits et recueil et une quinzaine de livres jeunesse, dont 5 avec Guignol pour héros.

Guignol, entre spectacles enfants et esprit Collaro

Guignol n’a plus rien à voir avec ce qu’il était, 220 ans après sa naissance. Pour Paul Fournel, il s’est divisé en deux branches. D’un côté, « un spectacle bêbête mais efficace pour les enfants » dont la marionnette est toujours la vedette. De l’autre, des spectacles d’où elle a disparu — comme Les guignols de l’info — mais où subsiste son esprit frondeur qui déteste l’injustice. « Il n’y a plus Guignol, remarque Fournel, mais on retrouve l’esprit Collaro. Guignol n’est pas un politique qui dénonce. Cependant, il n’est pas exempt de ruse et n’est pas dupe. Il adore faire la bête pour avoir du son. »

Jacques Chirac - Guignols de l'info - Canal+ - Exposition de marionnettes de la citadelle de Besançon — Photo : Arnaud 25 sur Wikimedia CC BY-SA 3.0 no modification
Jacques Chirac – Guignols de l’info – Canal+ – Exposition de marionnettes de la citadelle de Besançon — Photo : Arnaud 25 sur Wikimedia CC BY-SA 3.0 no modification

Guignol, Paul Fournel l’a joué lui-même, de temps en temps, jusqu’en Indonésie. Il possède des marionnettes de l’artisan comédien Damien Weiss, réputé pour ses marionnettes, que les Anglais ont surnommé « le guignolier fou ». Il a également fréquenté le Petit bouif, où officiait Jean-Guy Mourguet, le dernier marionnettiste de la lignée Mourguet, où régnait encore dans les années 80 un esprit contestaire, frondeur et rigolard.

Faire Guignol, biographie romancée d’un Mourguet qui ne savait pas écrire

Laurent Mourguet a eu 10 enfants. Dix fois, il s’est rendu à la mairie pour en déclarer la naissance, neuf fois il a signé d’une croix, il ne savait pas écrire, la dernière il a tracé ses initiales.

Monument à Laurent Mourguet, sculpture de François Girardet et Pierre Aubert, avenue du Doyenné, Lyon 5ᵉ
Monument à Laurent Mourguet, sculpture de François Girardet et Pierre Aubert, avenue du Doyenné, Lyon 5ᵉ

On a seulement deux lettres de lui, et elles sont d’un écrivain public. « Ce que l’on sait de lui est tellement lacunaire, explique Paul Fournel, des actes paroissiaux et des actes de police, qu’il est impossible d’en faire la biographie. » Il a donc romancé. Par exemple à partir de cette figure de proue sculptée en Guignol que possède le Musée Gadagne :

« Un beau matin avec la Jeanne et leur petit-fils, Michel Josserand, ils embarquent tous leurs biens sur une péniche qui va descendre le Rhône et les déposer en chemin. (…)
Il fait bon. En hommage au créateur, le batelier a fixé un immense Guignol en figure de proue, et c’est tirée par Guignol lui-même que la péniche glisse sur les courants du Rhône. » (Faire Guignol, p 243)

Ou lorsque Laurent Mourguet, un soir où il est triste que le père Thomas saoul ne soit pas venu jouer avec lui, sculpte dans un morceau de bois de tilleul le premier personnage de son futur théâtre de Guignol.

« Laurent souffle, dresse son travail dans la lumière pour juger des proportions de la tête et pour comprendre ce qu’il a fait. Jeanne lève les yeux de son ouvrage et regarde elle aussi.
– On dirait Thomas, dit-elle.
– Alors c’était donc lui que je voulais sculpter. Il est sorti tout seul du morceau de bois. (…) Ce Thomas-là pourra boire tout son saoul, il ne fera jamais faux bond. (…) Je pourrais même l’appeler Benoît.
– Mais non, il va croire que tu te moques, ton tonton. Moi, j’ai une autre idée : c’est un gnafre, il boit trop, il est rond, c’est Gnafron ! (Faire Guignol, p 87-88)

Les pièces que créent Laurent Mourguet ne sont pas écrites. Sa troupe les joue « au canevas » explique Paul Fournel, comme font les musiciens de jazz. Mourget raconte à ses complices marionnettistes l’histoire qu’ils vont jouer, puis chacun improvise sa partie différente chaque jour à partir de cette trame.

« Laurent Mourguet ne sait pas écrire, mais il est un homme cultivé, il a joué Pathelin, il va au théâtre. », dit Paul Fournel. Il est toujours à l’écoute, à la recherche d’histoires, interroge ses proches, cet oncle Benoît, cordonnier, qui a failli donné son prénom à la marionnette Gnafron :

– Raconte-moi des histoires.
– J’ai un fer à clouer sous cette botte et je suis à toi.
– Je veux des histoires fausses qui racontent des choses vraies. (…)
– Tu veux donc des histoires. J’imagine que c’est pour ton théâtre. As-tu seulement pensé à la tienne ? Les miennes sont vieilles. Il te faut des histoires de ton temps.
– Je m’occupe de mes propres histoires, mon cher oncle, mais mon Guignol est de tous les temps. Je veux que tu lui prêtes ta vieille langue. » (Faire Guignol, p 132-133)

Sans la Révolution, point de Guignol, sans la censure, point de répertoire écrit

Pour Paul Fournel, « Laurent Mourguet n’était pas acteur de la vie politique, pas impliqué. L’époque était terriblement agitée. Dans ces métiers de saltimbanques, particulièrement. Si les canuts souffrent de la crise des années 30, les bateleurs ne peuvent plus se produire sur la voie publique. Sans cette période, il n’y aurait pas eu Guignol. » Un jour, après une bagarre dans un café où il joue, la garde veut l’embarquer parce qu’il en serait la cause avec le cabaretier, il s’enfuit. « On ne peut pas s’étonner, après cela, note Fournel (page 141), que Guignol prenne l’habitude de rosser l’autorité sous toutes ses formes. »

Un homme en noir et un autre en uniforme entrent dans le café-théâtre où Mourguet et sa troupe préparent une nouvelle pièce, Les frères Coq. Le représentant de l’État déclare : « Vous nous apporterez le texte de vos pièces. Si elles conviennent, nous leur donnerons un visa et vous pourrez les jouer à condition de ne point en changer une ligne. » (page 217)

Voici Mourguet qui ne sait pas écrire, qui improvise chaque jour sur le canevas de ses histoires, obligé de les transcrire. Évidemment, Mourguet demande à son comédien François qui écrit pour lui de « faire semblant, d’écrire ce que la censure veut lire. » Quant à eux, ils joueront ce qu’ils veulent.

Ironiquement, c’est un juge qui va le premier éditer les pièces de Laurent Mourguet, en 1865. Anonymement, bien sûr, vu l’époque et sa position de bourgeois. Jean-Baptiste Onofrio qui a été comédien dans sa jeunesse, quand il était étudiant en droit, et qui s’intéresse aux vieux langages, comme Paul Fournel, il est l’auteur de Essai d’un glossaire des patois de Lyonnais, Forez et Beaujolais, se passionne en cachette pour le théâtre de Laurent Mourguet. Ce sont alors les petits-enfants de ce dernier qui jouent Guignol. Onofrio transcrit petit à petit les pièces qu’il voit jouer dans leur café-théâtre. Le Pot de confiture, Le Marchand de picarlats, Les Couverts volés, une vingtaine, et les fait publier. Mais lui aussi opère une censure, en ne transcrivant pas ce qui est pornographique ou trop contestataire.

Marionnette du théâtre de Guignol — Photo : Luc Legay, CC BY-SA 2.0 no modification https://flic.kr/p/nzTkEp

Quelques mots encore avant de se quitter

Ayant fait sa thèse sur Guignol comme conservatoire du langage d’alors, Fournel était bien placé pour recréer dans cette biographie romancée le parler de l’époque. Sans des témoins d’alors, on ne peut dire s’il a réussi à 100 ou 83,47%, mais cela marche merveilleusement, dans ce mélange de dialogues ou Fournel excelle, d’incises d’archives et de discours rapportés. Il faut dire aussi du style de Fournel qu’il est limpide, simple, sans enjolivements qui feraient de l’ombre au héros du livre et à sa propre langue.

Quelques mots comme des agathes : gnafre, lantibardaner, petafiner, sigroler, arregardez, miaille, brasse-roquet… « Nom d’un rat ! » expression guignolesque qu’adore Fournel sans avoir réussi à retrouver à quoi elle correspondait, et ce mot, « pécuniaux », l’un des nombreux pour dire l’argent, grande préoccupation populaire de tous les temps, et de celui-ci si riche de grands chômages.

« L’argent est ronde, c’est pour qu’on la fasse rouler. » dit Laurent à sa chenuse, Jeanne, qui lui répond, « L’argent est plate aussi et c’est pour qu’on l’empile. »

 

Interview par Gilles Bertin, 9/9/2019

 

Vidéo de Paul Fournel avec la marionnette Guignol évoquant la vie de Laurent Mourguet 

Extrait de la bibliographie de Paul Fournel

Clefs pour la littérature potentielle, éd. Denoël, 1972, premier ouvrage sur l’Oulipo
L’Équilatère, 1972, éd. Gallimard. Roman
L’Histoire véritable de Guignol, éd. Federop, 1975
Les petites filles respirent le même air que nous, 1978, recueil de nouvelles
Les Grosses Rêveuses, 1981, recueil de nouvelles
Les Athlètes dans leur tête, 1988, Ramsay, rééd. Point-Seuil. , récit
Guignol, les Mourguet, éd. du Seuil, 1995
La Liseuse, 2012, P.O.L, roman, Une stagiaire offre une liseuse numérique à un vieil éditeur
Anquetil tout seul, Seuil, 2012, récit
Faire Guignol, éd P.O.L., 2019
Dans la Bibliothèque Rose, tous épuisés :
1976 : Ce coquin de Guignol
1976 : Guignol est un malin
1977 : La Fortune de Guignol
1977 : Les Bonnes Affaires de Guignol
1979 : Guignol se déguise

WC à Lyon et toilettes publiques

WC et toilettes par quartier + Google Map dans les principaux points à visiter de Lyon et autour des gares

Les toilettes et WC publics manquent à Lyon. Comme dans la plupart des villes françaises. Comme si cet équipement était superfétatoire. Il faut recourir à des expédients. Prendre un café dans un bar. Les enfants derrière une portière ouverte. Pour pas mâle d’hommes, uriner sous les ponts. C’est notamment le cas sur les berges du Rhône, avec des odeurs « désagréables », particulièrement durant les canicules. Pourtant, le journal local, Le Progrès, sous le titre « Lyon, championne de France des WC publics » cocoricotait « Avec près de 170 sites, et près de 190 toilettes, Lyon peut s’enorgueillir d’avoir la meilleure couverture en France concernant les WC publics. » Il est vrai que selon le même article Marseille en compte… 10 ! Et que ceux de Lyon sont à peu près uniformément répartis sur la ville, gage de politique publique. Y compris sur les berges, mais hélas plutôt en haut sur les quais qu’en bas aux sorties des spots à bières.

WC berges du Rhône, quai Augagneur, géré par la société JC Decaux (en 2019) — Un bel exemple de design urbain, réussi.

Cependant, ce podium lyonnais (comme Lyon les adore) est à nuancer fortement. WC fermés ou dans un grand état de saleté (place Tabareau depuis des mois à la date de rédaction de ces lignes), ou bien au-delà de leur capacité (parc de la Tête d’Or). Et surtout zones blanches, quasiment sans toilettes (Terreaux, Confluence).

Plan des WC à Lyon et toilettes publiques dans les principaux quartiers à visiter

C’est une carte Work in Progress. Dernière mise à jour 2 août 2019.

 

WC Place Bellecour

La reine sans conteste des toilettes et WC publics à Lyon est située place Bellecour, à l’angle sud-est, vers les marchands de fleurs. Toilettes toujours très propres, avec un personnel à demeure. Ouverts tous les jours de 8h à 19h30.

La Fnac

Les WC de la FNAC sont payants, cependant il est souvent possible d’en bénéficier sans dégainer d’euro, en s’engouffrant derrière en sortant, ou parce que les monnayeurs sont assez souvent HS.

WC Vieux Lyon

Il y a des WC publics à droite de l’entrée du métro, avec également du personnel à demeure. Ouverts tous les jours de 8h à 19h30.

Autre WC public : place Valensio.

WC 1er arrondissement, Terreaux et Sathonay

Le WC piégeur du musée des Beaux-Arts

Dans le cloître du du musée des Beaux-Arts, juste à gauche de son entrée, il y a un WC d’un genre bien particulier. Un WC automatique qui  parfois bloque la personne à l’intérieur. Sa porte s’ouvre toute seule, jusque là ok, mais, vous préviennent les employés du musée, « Il ne faut surtout pas essayer de la fermer à la main, sinon vous pouvez rester bloqué à l’intérieur… » Forcément, on hésite après ce genre d’avertissement.

WC relativement propre, mais sans papier toilette, ni savon, ni sèche-mains.

Zéro WC public place des Terreaux

Place des Terreaux, l’une des plus fréquentées de la ville, des fontaines dues aux artistes Bartholdi et Buren, mais pas de WC publics en vue !

2 solutions débrouilles et gratuites :

  • les WC du parking LPA, entrée à gauche du musée
  • les WC de la cafétéria du Musée des Beaux-Arts, au 1er étage, accessibles sans ticket d’entrée au Musée

WC Place Sathonay

Les plus anciennes, les plus sales, les plus dans l’escalier, les étonnants WC place Sathonay, à 50 mètres de la mairie du 1er, à droite en montant les escaliers vers le jardin des plantes.

WC place Rambaud

Ceux de la place Rambaud, en face des Halles de la Martinière (adresse très sympa pour un verre avec wifi), sont nettement plus sympa.

WC Croix-Rousse

Sur le boulevard de Croix-Rousse, sur la place avant la mairie du 4ième en venant du métro.

WC Parc de la Tête d’Or

On en compte 6, un nouveau est en projet. Vu l’affluence, ils sont à certains moments hors de leur capacité, malgré les camionnettes des prestataires souvent arrêtées à côté.

À noter, juste à l’entrée des Enfants du Rhône, le WC est à gauche.

Et, à l’extérieur, sur les quais du Rhône, en diagonale de la buvette.

WC Berges du Rhône

Bien desservi au nord en toilettes, entre le Parc de la Tête d’Or et la rue Part-Dieu. Rien au sud, et particulièrement Fosse aux Ours, autour des gradins, de part et d’autre du pont de la Guillotière. Il faut aller un peu plus loin, Place Ballanche.

WC Confluence

Très peu de WC dans le nouveau quartier de Confluence. Aucun entre l’Hôtel de Région, le centre commercial et la station de tram. Il faut aller presqu’au bout de la darse, côté nord, en face de la passerelle aux cadenas amoureux.

Plus au nord, un WC est dissimulé derrière l’église Sainte-Blandine.

Aucun à la pointe, autour du musée des Confluences. 

WC gares Part-Dieu, Perrache et Jean Macé

WC gare Part-Dieu

Payantes, dans la gare, de 6h à minuit. On y accède par une sortie sur le côté en se dirigeant côté Villette.

Un seul WC public dans le coin, non payant, boulevard de la Villette.

WC gare Perrache

Toilettes dans la gare, ouvertes de 6h à 21h.

Au nord de la gare, place Carnot, côté ouest.

Au sud de la gare, cours Suchet, de part et d’autre du cours Charlemagne, 2 toilettes publiques.

WC gare Jean Macé

Dans la gare, quai 1, de 6h à 20h.

Sur la place Jean Macé, à côté de l’entrée du métro, du côté de la mairie du 7ième arrondissement.

Pour continuer

Nos autres informations pratiques : métros, trams, vélo’v, parc relais…

Vous souhaitez nous signaler un point toilettes ne figurant pas dans notre liste ? Ecrivez-nous :

Bonne visite de Lyon