Traboules des pentes de la Croix-Rousse

Itinéraire de la visite (durée 2 heures) :

  1. Départ de la Place des Terreaux
      • C’est ici qu’était le confluent du Rhône et de la Saône à l’époque romaine. La ville de Lyon était alors de l’autre côté de la Saône, c’est le Vieux Lyon d’aujourd’hui. Là, Place des Terreaux, il y avait un village qui s’appelait Condate. Les fossés des fortifications du 13e siècle bouchés de terre plus tard ont donné leur nom au quartier.


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    • Admirer la fontaine Bartholdi : commandée par Bordeaux au sculpteur de la statue de la Liberté, elle a « atterri » à Lyon, à l’extrémité de la place des Terreaux, face à l’Hôtel de Ville. Elle a été déplacée au milieu de la place lors de son aménagement sous Michel Noir. Elle répond en fait à la petite fontaine dans la cour du Musée des Beaux Arts, quand sa porte est ouverte, bien sûr.
    • L’Hôtel de Ville où… non non ne s’est pas marié Henri IV le 17 décembre 1600 avec Marie de Médicis (contrairement à notre première version, merci Lamborot de nous l’avoir signalé) puisqu’ils se sont mariés à la Cathédrale Saint Jean et que la construction de cet Hôtel de Ville a commencé 46 ans plus tard.
    • On verra la merveilleuse cour du musée des Beaux-Arts à la fin de la visite et on mettra à la terrasse de la cafeteria pour profiter de la paix de cette cour arborée en plein centre de Lyon.
  2. Prendre la rue Sainte-Marie des Terreaux (à côté de la pharmacie)
    • On longe des kebabs très nombreux dans ce quartier et on traverse la rue Sainte-Catherine, la rue des bars de nuit.
  3. Monter les escaliers jusqu’à une petite place
    • Ce sont vos premiers escaliers au flanc des pentes, il y en aura d’autres jusqu’en haut. Ces escaliers entre des immeubles sont typiques des traboules des pentes.
  4. Prendre à droite sans entrer sur la place
  5. On entre dans une cour, une des rares sur les pentes qui ait fait l’objet d’un aménagement qui la fait ressembler à une cour italienne avec ses arbustes. A certaines heures, il y a une lumière d’une douceur magnifique dans cette cour.
  6. Sortir par la sortie opposée. On est rue des Capucins. Prendre à gauche. Attention en sortant les trottoirs sont étroits et la circulation nerveuse. Aller tout droit jusqu’aux feux, traverser et continuer par la rue Sergent Blandan jusqu’à la place Sathonay.
  7. Un des deux lions de la place Sathonay (les canards sont en plus)
    Un des deux lions de la place Sathonay (les canards sont en plus)

    Cette place est une des plus belles de Lyon (avec la place Colbert et, dans un autre genre, la place des Célestins). Vivante toute l’année, plus encore l’été, elle s’échappe vers le haut par un escalier qui mène au jardin des plantes et à l’amphithéâtre des Trois Gaules. Au centre de la place, une statue du sergent Blandan, qui s’est fait tué en Algérie durant la conquête coloniale, mais bravement (voir sur son piédestal la phrase qu’il prononça à ses collègues). La mairie du 1er arrondissement est au fond de la place, à gauche de l’escalier. C’était le local où l’on chouchoutait les plants avant de les transplanter dans le jardin des plantes, avant que celui-ci ne fut déménagé au Parc de la Tête d’Or, après deux tempêtes successives qui l’avaient dévasté. De part et d’autre admirer deux remarquables lions, fondus au Creusot, d’où jaillit un élégant filet d’eau. Avec un peu de chance en été, si vous vous installez à la terrasse du café de la mairie juste à côté, vous verrez à un moment ou un autre une personne s’arrêter pour se rafraîchir à l’un de ses filets d’eau. En parlant de rafraîchissement, il y a sur cette place un des meilleurs glaciers de Lyon, sinon le meilleur, avec une terrasse délicieuse, Les enfants gâtés, on vous le recommande.

  8. On quitte la place Sathonay pour une manoeuvre délicate. Prendre la rue Poivre au-dessus du commissariat. Aller jusqu’aux escaliers au fond de la rue, monter jusq’à la rue Terne. Là, traverser la rue en faisant hyper attention, ou au besoin en redescendant emprunter le passage clouté vers les feux. Aller jusqu’au 7 de la rue Terme. Appuyer sur le bouton portier, ça doit s’ouvrir, poussez, vous voilà dans votre première vraie traboule.
  9. Attention… odeur de pipi… mais notez les marches des escaliers usées par les passages et au milieu de la traboule, derrière une grille, un escalier à la cage ouverte, comme vous en verrez de nombreux à Lyon. On sort Montée de la Grande-Côte.
  10. Cette montée très vivante qui a été entièrement refaite ces dernières années est devenue une merveille, surtout dès que le soleil anime les façades colorées dans des tas d’ocres différents. Nombre de petites boutiques d’arts, d’artisanat, librairies alternatives, bars cosys, se sont installés ici. Pas de doute, on est sur les pentes.
  11. Redescendez de quelques mètres jusqu’au 95. Vous êtes en face de la première initiative de coopérative ouvrière de France. Basée sur les idées de Fourier, son but était de pallier aux conditions de vies extrêmement difficiles des familles d’ouvriers, notamment les canuts, en proposant des denrées à prix coûtants. Cette coopérative a eu une grande importance à l’époque. Une plaque en façade rappelle le nom de ses créateurs. Elle s’appelait « Le commerce véridique et social ».
  12. C’est aussi l’occasion d’évoquer la vie du quartier au 19e siècle qui concentrait une grande partie des canuts de Lyon. Des milliers d’ouvriers travaillaient au domicile de maîtres canuts qui avaient installés à leur domicile quelques métiers à tisser, les bistanclaques (onomatopée du bruit qu’ils faisaient). Ces domiciles étaient très haut de plafond pour permettre d’y construire les métiers à tisser. Ils sont devenus des appartements que l’on appelle « canuts », souvent complétés d’une mezzanine, grâce à la hauteur de plafond. Les maisons plus riches se signalent par des fenêtres à meneaux.
  13. Montez tout doucettement la montée de la Grande Côte en vous régalant des courbes féminines dessinées par les alignements de façades colorées. S’il fait soleil, c’est merveille.
  14. A l’arrivée rue Burdeau, vous tournez à gauche pour redescendre quelques dizaines de mètres puis remonter jusqu’à l’amphithéâtre des Trois Gaules qui, à lui tout seul, mériterait de longues explications. Vous trouverez sur le web des explications sur l’amphithéâtre lui-même, le complexe politico-religieux auquel il appartenait, le sanctuaire des Trois-Gaules, et à l’histoire (sauvage) de Blandine qui fut massacrée ici pour ses croyances.
    Ce site devrait dans les années qui viennent évoluer avec la démolition de l’ex Ecole des Beaux-Arts (le bâtiment hideux au-dessus). Il y est prévu une trouée verte dans le prolongement du Jardin des Plantes (c’est ici qu’étaient au 19e les plantes qui sont maintenant dans les serres du Parc de la Tête d’Or, elles y furent déménagées suite à deux tempêtes qui avaient tout ravagé).
  15. Or donc dans cet amphi se réunissaient chaque 1er août les représentants des 60 nations des Trois Gaules. Elles présentaient leurs doléances qui étaient transmises à Rome et Rome y manifestait son autorité, surtout à travers le culte religieux qui lui était rendu. Il y avait des fêtes, des joutes de poésie, des sacrifices.
  16. Remontez maintenant l’escalier qui est sur le flanc droit de l’amphi. En dessous de vous, vous avez le tunnel routier qui monte à la Croix-Rousse, sur l’emplacement d’une des deux ficelles qui desservaient la colline. La municipalité actuelle avait promis aux dernières élections d’y construire un système pour remonter les vélos depuis le bas jusqu’en haut. Mais la crise des subprimes va très certainement enterré ce projet dna sl’esprit vélo’v.
  17. Vous longez une école maternelle et primaire. Quel plaisir d’apprendre ici !
  18. Vous débouchez rue des Tables Claudiennes et vous prenez à droite jusqu’à la montée de la Grande-côte dont vous reprenez l’ascension à travers le jardin de la Grande-Côte. Attention aux quelques rues à traverser. Profitez des belles façades et des boutiques art/artisanat.
  19. Après un escalier ardu à travers le jardin des pentes, vous arrivez à l’un des plus beaux points de vue de Lyon. Cette place à l’intersection de la rue des Pierres Plantées et de la rue du Bon Pasteur n’a pas de nom. Vous pouvez vous poser là et profiter de la vue, soit à la rambarde au-dessus d’une belle gliscine, soit l’été à la terrasse du Montana, un resto-bar qui prépare entre autres de bons tajines. Quand la vue est claire, le spectacle est très chouette : on voit très bien notamment la Saône et le Vieux Lyon.
  20. Nous allons maintenant nous diriger vers le flanc « Rhône » de la Croix-Rousse et de ses pentes pour découvrir une vue aussi belle, mais sur l’est de Lyon et la Tête d’Or, et aborder la deuxième partie de cet itinéraire, où vous découvrirez les traboules les plus belles et les plus historiques des pentes de la Croix-Rousse.

Pour la deuxième partie de cet itinéraire,
du Gros Caillou à l’Opéra, ça se passe là.

 

36 comments on “Traboules des pentes de la Croix-Rousse”

  1. Bravo pour cette vulgarisation des circuits de visite de lyon insolite.
    Ça permet, même aux vieux lyonnais, d’avoir un « guide-âne » (avec un accent très circonflexe pour la prononciation) lorsque l’on se bambane avec des chenus que sont pas de chez nous (« tout le monde y peut pas être de Yon »). Continuez en vos lantibardanant dans le quartier de Morand ou de Perrache, et spécialement la partie entre Ainay & Perrache dont on ne dit jamais rien, bien qu’elle ait été entièrement remblayée sur le cours du Rhône bien avant le secteur Perrache Sud.

  2. Merci Laurent, votre message est pour nous comme un bouquet de narcisses. Nous sortons bientôt la version 2 du site.

  3. Mille Merci,

    Bravo pour ce travail, ancien lyonnais, j’ai finalement mieux découvert le vieux Lyon et Les pentes ce week-end grâce à vous que dans mes 20 ans passé ici il y a quelque temps déjà.
    Continuez svp.
    Laurent

  4. Les tags et la restauration peu coûteuse font partie de la culture de ce quartier jeune, populaire et multiculturel. Le verbe « infester » outrepasse, nous l’espérons vivement, votre pensée. Le quartier ne cesse depuis des années de s’embellir, c’est un effort collectif. En espérant vous revoir sur les pentes.

  5. Magnifique itinéraire à travers les pentes de la Croix Rousse.
    Dommage quand même que le quartier soit infesté de tags et de kababs et autres boucheries helal. Q on arrive de l’etranger ça fait un choc de voir la France dans cet état là.

  6. Nous avons découvert cette balade sans avoir lu cet article et il est vrai que c’est très agréable surtout que avant-hier, la température était très agréable. Nous avons admiré l’escalier de la montée de la Grande Côte et le calme que se dégageait sur toute la promenade. Il est vrai qu’il faut quand même de bonnes jambes et un bon souffle pourmonter mais c
    ça vaut vraiment la peine.
    Des Belges charmés qui passent 2 semaines dans cette belle ville

  7. Jolie présentation dommage que vous n’ayez pas parlé des galeries d’art contemporain de le rue Burdeau….commentaire à compléter, merci.

  8. Merci. Exact, d’ailleurs nous ferons peut être un itinéraire galeries art contemporain.

  9. Votre n 14, vous indiquez la rue Burdeau à gauche,
    J’aimerai ajouter à droite avec touts les galeries d’art contemporain dans la rue Burdeau…..
    Merci.

  10. C’est un problème oui. Les traboules sont des voies privées donc les copropriétés s’organisent comme elles le souhaitent. Les laisser ouvertes expose à des nuisances réelles. D’autant qu’il y en a de fortes dans ce quartier des pentes.

  11. Maryse visite de LYON

    Tout le monde parle des célébres traboules de Lyon mais l’office du tourisme et autre site ont omis de précicer qu’elles ne sont pas toutes accessibles à la visite. Lyon est tout de même une ville célebre pour son histoire sur les traboules.J’ai donc été déçu de ne pouvoir toutes les visitées,la majorité sont fermées aux public.Je comprends que les riverains veulent leur tranquilité mais il ne faut pas oublié l’historique. C’est un choix qu’ils ont faient mais il devraient en accepter les inconvénients !!!!

  12. Très sympa cette visite. Un peu plus de traboules à voir donnerait encore plus de charme à ce quartier.

    Merci de faire partager votre connaissance de Lyon.

  13. bonjour,
    je suis hyper contente de tomber sur votre site. j’ai fait mes études à Lyon et j’y reviens pour la première fois avec mes enfants en mai. cela fait 20 ans que je ne suis pas revenue… donc avez vous des conseils à me donner et des idées pour faire découvrir Lyon à mes 2 enfants (16 et 10 ans). merci

  14. nous avons pris une guide qui ns a conduit ds le circuit des traboules super et ns avons aussi profité de voir le musée des mignatures à recomander.NOUS AVONS EU DE LA CHANCE POUR LE BEAU TEMPS DU SAMEDI ET l’opération SNCF 50% DU TARIF MERCI.LYON est une magnifique ville et moi qui viens de GRENOBLE c’est tj avec plaisir de se retrouver ds vos beaux quartiers et toute la richesse et l’histoire que cette ville comporte

    MERCI ENCORE

  15. L’Hôtel de Ville où s’est marié Henri IV le 17 décembre 1600 avec Marie de Médicis.

    Horreur ! ceci en complètement faux !!! Henri 4 s’est marié à la cathédrale St Jean et l’hôtel de ville n’a été commencé qu’en 1646 !
    Corrigez vite cette vilaine faute.

  16. Bonjour,
    Je vais passer un wkd à Lyon et je suis ravie d’être tombé sur ce site. Pas facile de se programmer une visite sans connaître la ville.
    Juste une petite remarque à première vue : les points essentiels à voir devrait être mis en gras. Tout à l’air bien détaillé, avec quelques infos historiques, c’est un bonheur. Mais l’essentiel ne ressort pas à première lecture.
    J’espère trouver le meilleur de mes intérêts dans ces itinéraires proposés (cathédrale, gargouille).
    Merci beaucoup de nous faire profiter vos connaissance sur Lyon.

  17. Bonjour Gilles-

    Je me prépare à aller passer 3 jours à Lyon et j’imprime tous tes itinéraires, j’ai bien hâte de les tester et je t’en redonne des nouvelles!

    Ce site et superbe et me fait regrette de ne pas avoir vu la fête des lumières!

    Chloé

  18. Un site tres bien fait bien mieux que le site officel des lumieres.
    Un grand merci pour « vos lumieres ».

  19. Exact, cet itinéraire n’est pas encore complet, je vais le terminer dans les jours qui viennent. C’est une visite que je fais souvent. En plus j’habite ce quartier depuis 5 ans. L’itinéraire monte jusqu’au plateau en passant par l’amphithéâtre des 3 gaules, profite de la vue sur Lyon côté Saône, passe par le boulevard de la Croix-Rousse et son extrémité côté Gros-Caillou qui vient d’être réaménagée, puis descend ensuite côté Rhône pour profiter de la magnifique vue place Bellevue, la bien nommée, passe par la très jolie place Colbert, la traboule des Voraces (la plus connue) et redescend ensuite vers les rues des Feuillants par le passage Thiaffait.

  20. Bonjour et merci pour votre site que je découvre.
    Ayant habité quelques mois à Lyon, et comptant la faire découvrir à ma compagne lors de la prochaine fête des Lumières, je compte bien utiliser vos itinéraires.
    Par contre, il me semble que cet itinéraire-ci est incomplet; dommage, la Cx-Rousse est si attachante…

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