Rencontres sur le mythique spot HDV au pied de l’Opéra avec
Adam, guide conférencier, Julien Menzel et Rémy Bergeron, artiste et directeur artistique, tous riders. HDV et le skate lyonnais sont mis à l’honneur pour cette fête des lumières 2025.
Skate power à l’Opéra Hôtel-de-Ville
HDV ?… Ses initiales sonnent comme celles du BHV et c’est aussi un bazar, en apparence seulement, de croisements de flows, de lines, de snakes sur les immenses dalles de marbre, dans le fracas des planches et des roulettes. Là, au pied de l’Opéra, sur ce spot mythique baptisé par eux « HDV », pour l’Hôtel-de-Ville tout proche, les skateurs slident, grindent, font des flips tricks sur les ledges et la pyramide depuis plus de 30 ans.
Honneur et reconnaissance institutionnelle ce 5 décembre jusqu’au 8, les néons, les lasers et les leds remplaceront les planches et leurs passionnés pour 4 soirées, dans une des 23 animations de la Fête des lumières.
Nous avons interviewé Adam, guide conférencier lyonnais et skateur, et Julien Menzel et Rémy Bergeron, artistes concepteurs de cette animation.
Adam, guide conférencier lyonnais, raconte son HDV : interview
Adam, quelle est l’histoire de ce spot surnommé HDV pour Hôtel-de-Ville ? Et ton histoire avec lui ?
C’est la SKATE plaza centrale, iconique de Lyon. Elle a connu plusieurs générations de skater depuis les années 1990. De Jérémie Daclin, JB Gillet à Aurélien Giraud, 3 professionnels ou ancien-professionnels du skateboard qui ont donné une impulsion forte à cette place et à la scène skateboard locale.
Le spot est un lieu de rassemblement pour les skater de la ville mais aussi du monde entier. Il fait parti des spots incontournables pour quelqu’un qui vient de l’étranger et qui vient à Lyon pour pratiquer le skateboard. Il peut être le lieu où on se retrouve entre pratiquants avant de se diriger vers un autre spot où le lieu où on termine notre session. C’est aussi un lieu où on peut passer des heures, journées entières à pratiquer. Pourquoi ? Le revêtement du sol a été restauré récemment, il est donc parfait. Il y a des lignes, le spot est aéré, a une diversité de mobiliers urbains (pyramides, ledges c’est à dire des bancs) où on a l’habitude de skater. Ce qui n’est pas forcément simple à comprendre pour un passant lambda qui traverse la place ou qui souhaite s’asseoir sur ces fameux bancs. Il y a toujours une dimension sociale importante à avoir car on pratique sur un espace public.
Dans mon cas, cela fait presque 10 ans que je pratique sur la place. C’est mon « Home spot », mon spot préféré. C’est là où je vais généralement car le mobilier est raccord à mon style de pratique du skateboard. C’est aussi l’endroit où je suis quasi sûr de retrouver toujours des copains qui pratiquent régulièrement sur le même spot. Et puis géographiquement, c’est central.
Comment tu vis le fait que le skate et ce spot HDV soit une des œuvres de cette Fête des Lumières, qui est un événement aussi grand public ?
C’est la première fois qu’on valorise cet aspect de la place. C’est une bonne idée, elle est connue mondialement pour ça c’est donc tout à fait légitime de lui rendre hommage de cette manière là. C’est sans doute aussi parce que le skate est un peu moins « niche », il est davantage mis en avant, à la mode. Sans doute depuis le COVID et l’inscription aux JO de la pratique. Pour autant l’industrie du skateboard vit mal, ce qui est assez paradoxal.
Chaque année, pendant la FDL, la place se transforme avec différentes installations qui gênent notre pratique habituelle. Je sais que cela ne va pas durer et je vais généralement ailleurs pour avoir un endroit plus aéré. On a cette chance d’avoir du choix à Lyon mais encore faut-il que la météo soit clémente.
Comme guide conférencier et comme skateur, quels liens vois-tu entre le skate et le patrimoine, l’architecture de la ville ?
Dans le cas d’HDV c’est un peu spécifique car on est sur un lieu qui s’est vu approprié par ET pour les skateurs depuis les années 1990 et qui l’est encore aujourd’hui. Ce sont les skaters qui valorisent ce patrimoine à leur manière en proposant une composition sur la place, le mobilier à travers le mouvement. Cela peut être une forme d’art, là où la photographie, la vidéo capturent notre « performance ». Le skateboard est mal compris mal vu par le grand public parce qu’on fait du bruit, « on dégrade » le mobilier urbain. Ce qui n’est pas forcément vrai. L’argument «ce sont nos impôts qui payent les réparations de la place » n’est pas valable. Déjà on en paye aussi, on en a conscience et c’est nous qui réparons le spot sans concertation avec la ville pour pouvoir pratiquer dessus régulièrement. Comme pour le street art, cette culture est né dans la rue et est fait pour y rester. Un skater préférera toujours pratiquer dans un espace public aéré, sur une architecture contemporaine récente plutôt que dans un espace clos, délimité par une instance comme par exemple un skatepark. Si on prend l’exemple de l’architecture espagnole ou catalane, il y a un lien très fort entre l’urbanisme, l’architecture des ville et la pratique du skateboard. Il y a même une renommée internationale sur ces territoires où des skaters du monde entier viennent pratiquer dans ces villes dans le but de performer sur différents espaces publics et ce depuis plusieurs décennies.
Rencontre avec Julien Menzel et Rémy Bergeron
Rencontre avec Julien Menzel et Rémy Bergeron, le 5 novembre 25, à l’Opéra de Lyon, pour la présentation de l’édition 2025 de la fête des lumières.
L’animation « HDV – 40 ans de skate à Lyon »
Conception : collectif NUMBER 8 (dont fait partie Julien Menzel) et Rémy Bergeron, directeur artistique et skateur
Informations pratiques
Quand ? du 5 au 8 décembre 25 de 19h à 23h, sauf dimanche 7 de 18h à 22h
Où ? place Louis-Pradel, côté Rhône




